Réponse directe

Après la citoyenneté canadienne, vos priorités sont simples : conserver précieusement le certificat de citoyenneté remis à la cérémonie, car c'est votre preuve officielle de statut, puis demander votre premier passeport canadien auprès du programme des passeports. Vous pouvez ensuite exercer vos nouveaux droits (voter, vous présenter aux élections, accéder à certains emplois fédéraux) et assumer vos nouvelles responsabilités, comme la possibilité d'être appelé comme juré. Pensez à mettre à jour vos documents provinciaux si nécessaire, à vérifier les règles de votre pays d'origine sur la double nationalité et, si vous avez des enfants nés ou à naître à l'étranger, à comprendre les règles de transmission par filiation revues par la réforme C-3. Bonne nouvelle : la citoyenneté canadienne ne s'expire jamais et ne se perd que dans des cas exceptionnels.

La cérémonie et le serment : le vrai point de départ

On croit souvent que le parcours s'achève à la décision positive d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). En réalité, c'est la cérémonie de citoyenneté qui marque le basculement. Tant que vous n'avez pas prêté le serment de citoyenneté devant un juge ou un fonctionnaire autorisé, vous restez résident permanent. La cérémonie n'est donc pas une simple formalité protocolaire : c'est l'acte juridique qui fait de vous un citoyen canadien.

Avant d'aller plus loin, une précision que je répète dans chacun de mes articles : je suis rédactrice indépendante, ni avocate ni consultante réglementée en immigration. Je partage ici le fruit de mes recherches et de nombreux témoignages, pour vous aider à y voir clair. Pour toute décision qui engage votre situation personnelle, la référence reste Canada.ca et, au besoin, un professionnel autorisé.

Ce qui se passe le jour J

La cérémonie se déroule en présentiel ou par vidéoconférence, selon les périodes et les bureaux. Vous y prêtez serment, en français, en anglais ou dans les deux langues, vous chantez souvent l'hymne national, et vous signez le formulaire d'attestation. C'est aussi à ce moment que vous remettez votre carte de résident permanent : elle ne vous appartient plus, puisque vous cessez d'être résident permanent à l'instant même où vous devenez citoyen. Beaucoup de gens ressentent un pincement en la rendant, après tout ce chemin. C'est normal, et c'est bon signe : une page se tourne.

Si vous voulez revoir tout le parcours qui mène à ce moment, des conditions d'admissibilité au serment, j'ai écrit un guide complet sur la façon de devenir citoyen canadien. Et si vous préparez encore l'examen des connaissances, mon article sur le test de citoyenneté canadienne vous aidera à réviser sereinement.

Le certificat de citoyenneté, votre document le plus précieux

À l'issue de la cérémonie, vous recevez votre certificat de citoyenneté, aujourd'hui délivré sous forme électronique dans la plupart des cas, parfois encore en version papier selon les situations. Ce document est la preuve officielle de votre citoyenneté canadienne. Ce n'est pas une pièce d'identité de voyage, il ne remplace pas un passeport, mais c'est lui qui fonde toutes vos démarches futures : demande de passeport, preuve de statut pour un emploi, transmission de la citoyenneté à vos enfants, succession, retraite.

Mon conseil, tiré de trop d'histoires malheureuses : traitez ce certificat comme un original irremplaçable. Conservez la version électronique en plusieurs copies sécurisées, et si vous avez un exemplaire papier, rangez-le avec vos documents les plus importants, à l'abri de l'humidité et jamais plié. Ne le plastifiez pas non plus : un document plastifié peut être refusé comme preuve, car les éléments de sécurité deviennent invérifiables.

Remplacer un certificat perdu, volé ou abîmé

Si le pire arrive, tout n'est pas perdu : il existe une procédure de remplacement auprès d'IRCC. Vous remplissez une demande de preuve de citoyenneté, vous fournissez des pièces d'identité et vous payez des frais de traitement. En 2026, ces frais s'élèvent à 75 $ CA (formulaire CIT 0001) et le délai de traitement est d'environ quatre à six mois ; une version électronique du certificat (e-certificat) est disponible. Ces chiffres évoluent : vérifiez-les sur la page officielle de la citoyenneté au moment de votre demande. Retenez surtout ceci : perdre son certificat ne fait jamais perdre la citoyenneté elle-même. Le statut existe indépendamment du papier. Mais tant que vous n'avez pas de preuve en main, certaines démarches sont bloquées, à commencer par le renouvellement du passeport si vous n'en avez pas encore. D'où l'intérêt de demander votre passeport rapidement : il devient votre preuve du quotidien.

Demander son premier passeport canadien

C'est LA démarche que presque tous les nouveaux citoyens engagent en premier, et je vous encourage à faire pareil. Le passeport canadien est l'un des plus respectés au monde, et au quotidien, c'est lui qui matérialise votre nouveau statut. La demande se fait auprès du programme des passeports du gouvernement du Canada, en personne dans certains points de service, par la poste, et de plus en plus par des canaux en ligne selon les cas.

Les documents à préparer

Pour une première demande d'adulte, on vous demandera essentiellement trois choses : une preuve de citoyenneté (votre certificat, précisément), une pièce d'identité valide, et des photos de passeport conformes aux normes canadiennes, prises par un commerçant ou un photographe qui connaît les exigences. Le formulaire vous demandera aussi vos adresses et occupations des dernières années. Rien d'insurmontable, mais soyez méticuleux : les demandes incomplètes sont retournées, et chaque aller-retour ajoute des semaines.

Petit conseil pratique : vérifiez que l'orthographe de votre nom est strictement identique sur votre certificat de citoyenneté et sur votre pièce d'identité. Une divergence, même minime (un accent, un deuxième prénom présent ici et absent là), peut compliquer le traitement. Si vos documents ne concordent pas, réglez la question en amont plutôt que de laisser un agent trancher.

Le répondant et les références

Particularité canadienne qui surprend beaucoup de nouveaux citoyens : la demande de passeport exige un répondant, c'est-à-dire une personne qui vous connaît depuis au moins deux ans, qui remplit certaines conditions et qui certifie votre identité en signant votre formulaire et l'une de vos photos. Il vous faudra aussi des références, des personnes qui vous connaissent et que le programme des passeports peut contacter pour vérification. Le répondant et les références ne doivent pas être n'importe qui : des règles précises encadrent qui peut jouer ce rôle, notamment des liens familiaux exclus pour les références. Lisez attentivement les instructions du formulaire avant de solliciter vos proches, cela vous évitera de recommencer.

Frais, délais et dépôt de la demande

Les frais dépendent de la durée de validité choisie (les adultes peuvent généralement opter pour un passeport de cinq ou de dix ans) et du mode de traitement, standard ou accéléré. En 2026, comptez 122,50 $ pour un passeport adulte de cinq ans et 163,50 $ pour dix ans en service régulier, et 58,50 $ pour un passeport d'enfant ; ces montants sont révisés périodiquement, consultez la grille officielle au moment de votre demande. Côté délais, le service standard tourne autour de 20 jours ouvrables en 2026, et si vous avez un voyage urgent et documenté, des options express ou urgentes existent en personne, moyennant des frais supplémentaires. C'est d'ailleurs tout l'intérêt du passeport : il prouve votre citoyenneté, arrive bien plus vite que le certificat et vous permet de voyager. Sauf besoin administratif précis du certificat, c'est souvent le meilleur premier réflexe après le serment. Toutes les instructions à jour se trouvent sur le site officiel des passeports canadiens, la seule source qui fait foi pour les formulaires, les points de service et les exigences de photos.

Voyager comme citoyen canadien

Finies les obligations de résidence

C'est peut-être le changement le plus libérateur. Comme résident permanent, vous viviez avec l'obligation de résidence : un nombre minimal de jours de présence au Canada sur une période donnée, sous peine de fragiliser votre statut. J'en parle longuement dans mon article sur la résidence permanente au Canada. Comme citoyen, cette contrainte disparaît totalement. Vous pouvez accepter un contrat de trois ans à Singapour, passer vos hivers au Maroc ou faire le tour du monde : votre citoyenneté vous attendra, intacte, à votre retour. Aucun compte de jours, aucune carte à renouveler, aucune crainte à l'aéroport.

Cette liberté ne dispense pas d'une chose : voyager avec les bons documents. Le statut ne se présume pas à la frontière, il se prouve. Et c'est là que les choses méritent un peu d'attention.

Entrer au Canada avec le bon document

La règle à retenir est simple : un citoyen canadien entre au Canada avec un document canadien, idéalement son passeport canadien valide. Si vous avez une double nationalité, vous ne pouvez généralement pas monter dans un avion à destination du Canada avec votre passeport étranger accompagné d'une autorisation de voyage électronique, car les citoyens canadiens ne sont pas admissibles à l'AVE. Le système de vérification des compagnies aériennes bloquera l'embarquement. Des exceptions et des documents de dépannage existent pour les situations d'urgence, mais la voie normale, c'est le passeport canadien. Voilà pourquoi je recommande de le demander sans tarder après la cérémonie, même si aucun voyage n'est prévu.

À l'étranger, deux casquettes possibles

Si vous conservez votre nationalité d'origine, vous voyagerez peut-être avec deux passeports. Beaucoup de binationaux utilisent le passeport de leur pays d'origine pour y entrer et en sortir (certains pays l'exigent d'ailleurs de leurs propres citoyens), et le passeport canadien pour le Canada et le reste du monde. C'est légal et courant, à condition de respecter les règles de chaque pays. Gardez simplement une cohérence : présentez à chaque frontière le document attendu par ce pays, et assurez-vous que vos billets d'avion correspondent au passeport que vous présenterez à l'embarquement.

La double nationalité : ce que dit le Canada, ce que dit votre pays

Côté canadien : aucune inquiétude

Commençons par la bonne nouvelle : le Canada permet la double nationalité, et même les nationalités multiples, sans restriction. Devenir citoyen canadien ne vous oblige à renoncer à rien, et le Canada ne vous demandera jamais de choisir. Vous pouvez voter au Canada, détenir un passeport canadien et rester pleinement citoyen de votre pays d'origine, du point de vue canadien du moins. Aucun formulaire à remplir, aucune déclaration de double nationalité à faire auprès des autorités canadiennes.

Côté pays d'origine : chaque pays a ses règles

C'est ici que la prudence s'impose, et je pèse mes mots. Chaque pays décide souverainement de ce qu'il advient de sa nationalité quand l'un de ses citoyens en acquiert une autre. Certains pays l'acceptent sans condition. D'autres l'acceptent moyennant une déclaration ou une autorisation préalable. D'autres encore prévoient la perte automatique de leur nationalité au moment de la naturalisation étrangère, parfois avec des procédures de réintégration, parfois sans. Et ces règles changent au fil des réformes législatives.

Je ne peux pas couvrir ici les dizaines de cas nationaux, et je m'en garderai bien : la seule démarche sérieuse consiste à vérifier auprès des autorités de votre pays d'origine (consulat, ambassade, ministère compétent) ce que votre naturalisation canadienne implique pour votre première nationalité. Faites-le idéalement avant la cérémonie si le sujet est sensible pour vous, et documentez la réponse par écrit.

Conséquences fiscales et militaires possibles

Deux domaines méritent une vigilance particulière, toujours selon votre pays d'origine. D'abord la fiscalité : la grande majorité des pays imposent selon la résidence, mais quelques-uns rattachent certaines obligations fiscales à la nationalité elle-même. Si votre pays d'origine fait partie de ceux-là, conserver sa nationalité peut entraîner des obligations déclaratives même en vivant au Canada. Ensuite le service militaire : certains pays maintiennent des obligations de service ou de recensement pour leurs citoyens, y compris binationaux, ce qui peut avoir des conséquences lors d'un séjour sur place. Je reste volontairement générale, car tout dépend de votre pays : renseignez-vous auprès de sources officielles de ce pays, pas auprès de forums.

Vos nouveaux droits de citoyen

Voter et se présenter aux élections

Dès la cérémonie, vous obtenez le droit de vote aux élections fédérales, provinciales et municipales, selon les conditions de résidence propres à chaque scrutin. Vous pouvez vous inscrire sur la liste électorale auprès d'Élections Canada et de son équivalent provincial, et je vous encourage à le faire rapidement : c'est souvent proposé automatiquement via la déclaration de revenus, mais une vérification ne coûte rien. Vous obtenez aussi l'éligibilité : le droit de vous présenter comme candidat à des fonctions électives. Des députés fédéraux et provinciaux, des maires et des conseillers municipaux d'aujourd'hui ont prêté le serment de citoyenneté un jour, exactement comme vous.

Certains emplois et une mobilité professionnelle élargie

La citoyenneté ouvre également les portes de certains emplois réservés ou donnant préférence aux citoyens, notamment dans la fonction publique fédérale, où la préférence aux citoyens (et, selon les règles en vigueur, aux résidents permanents pour certains processus) s'applique dans les concours externes, ainsi que les postes exigeant des habilitations de sécurité de haut niveau, la Gendarmerie royale, les Forces armées canadiennes ou certaines fonctions diplomatiques. Si votre carrière touche à la défense, à la sécurité ou aux affaires étrangères, votre nouveau statut change concrètement votre horizon professionnel. Ajoutez à cela un détail apprécié des voyageurs d'affaires : de nombreux pays offrent aux détenteurs de passeport canadien des conditions d'entrée facilitées, ce qui simplifie la vie professionnelle internationale.

Vos nouvelles responsabilités

Le devoir de juré et le respect des lois

La citoyenneté n'apporte pas que des droits. Vous pouvez désormais être convoqué comme juré dans un procès, une responsabilité civique dont les modalités dépendent de votre province. Si vous recevez une convocation, prenez-la au sérieux : y répondre est une obligation légale, même si des motifs d'exemption existent. Vous restez évidemment tenu de respecter les lois canadiennes, comme avant, et le serment que vous avez prêté en fait un engagement personnel : fidélité au Canada, respect de ses lois, accomplissement de vos devoirs de citoyen.

Les impôts : une affaire de résidence, pas de citoyenneté

Voici une nuance que je tiens à souligner, car elle est très mal comprise. Au Canada, l'impôt sur le revenu dépend de la résidence fiscale, pas de la citoyenneté. Devenir citoyen ne change rien à vos impôts si vous continuez de vivre au Canada : vous déclariez vos revenus comme résident permanent, vous continuerez à l'identique. À l'inverse, un citoyen canadien qui s'établit durablement à l'étranger et coupe ses liens de résidence peut cesser d'être résident fiscal canadien, tout en restant citoyen à vie. La citoyenneté ne crée donc pas, à elle seule, d'obligation fiscale canadienne perpétuelle. Les règles de résidence fiscale sont toutefois subtiles (liens de résidence, départ fiscal, conventions internationales) : pour un projet d'expatriation, l'Agence du revenu du Canada et un fiscaliste valent mieux que toutes les généralités.

Et si vous vous installez tout juste dans votre vie canadienne et que vous voulez comprendre comment s'organisent concrètement les finances d'un ménage ici, mon guide sur le budget et le coût de la vie au Canada reste d'actualité, citoyen ou pas.

Mettre à jour ses documents : moins de démarches qu'on ne le croit

Santé, permis de conduire et documents provinciaux

Bonne nouvelle : la liste des mises à jour obligatoires est courte. Votre carte d'assurance maladie (la RAMQ au Québec, ses équivalents ailleurs) et votre permis de conduire sont des documents provinciaux liés à votre résidence, pas à votre statut d'immigration. Ils restent valides tels quels. Certaines provinces vous demanderont simplement de signaler votre changement de statut lors du prochain renouvellement, d'autres n'en tiennent aucun compte. Un coup d'œil au site de votre régie provinciale ou de la société d'assurance automobile de votre province suffit à en avoir le cœur net.

Le NAS, l'employeur et les institutions

Votre numéro d'assurance sociale ne change pas et n'a pas besoin d'être remplacé : le NAS suit la personne, pas le statut. Seule exception notable : si vous aviez autrefois un NAS temporaire commençant par 9 (celui des permis de travail), il aurait déjà dû être remplacé au moment de votre résidence permanente. Côté employeur, aucune obligation générale de déclarer votre naturalisation, mais si votre dossier RH mentionne un statut ou si votre poste comporte des exigences de citoyenneté ou d'habilitation, informez les ressources humaines : cela peut même débloquer des opportunités internes. Banques, assurances et régimes de retraite n'exigent en principe rien, mais mettre à jour votre profil évite des frictions futures.

Et IRCC dans tout ça ?

C'est le plus beau des symboles : vous n'avez plus de démarches à faire auprès d'IRCC pour vous-même. Plus de carte de résident permanent à renouveler, plus d'obligation de résidence à documenter, plus de compte à rendre sur vos jours de présence. Vos calculs de présence physique appartiennent au passé (si vous préparez encore cette étape pour vous ou un proche, j'explique tout dans mon article sur la présence physique pour la citoyenneté). Votre relation avec IRCC ne reprendra que si vous entamez des démarches pour d'autres personnes : un parrainage, ou une preuve de citoyenneté pour vos enfants.

Parrainer sa famille comme citoyen

Votre nouveau statut renforce votre position de parrain. Comme les résidents permanents, les citoyens peuvent parrainer leur époux ou conjoint de fait, leurs enfants à charge, leurs parents et grands-parents selon les programmes ouverts. Mais la citoyenneté apporte deux avantages concrets. D'abord, la stabilité : votre droit de parrainer ne dépend plus du maintien d'un statut, alors qu'un résident permanent qui perd son statut perd aussi sa capacité de parrainage. Ensuite, la flexibilité géographique : un citoyen canadien vivant à l'étranger peut, sous conditions, parrainer son conjoint en démontrant son intention de revenir vivre au Canada, une possibilité fermée aux résidents permanents, qui doivent résider au Canada.

Les conditions financières, les engagements de soutien et les délais varient selon la personne parrainée et le programme : les grandes lignes du parcours vers la résidence permanente de la personne parrainée restent celles que je décris dans mon guide dédié. Comme toujours, vérifiez les critères à jour sur Canada.ca avant de déposer un dossier, car les programmes de parrainage des parents, notamment, fonctionnent par admissions limitées.

Transmettre la citoyenneté à vos enfants

Enfants nés au Canada

Ici, aucune subtilité : un enfant né sur le sol canadien est citoyen canadien de naissance, sauf exceptions très rares (enfants de diplomates étrangers). Votre propre parcours de naturalisation n'y change rien, votre enfant né au Canada était déjà citoyen avant vous, peut-être.

Enfants nés à l'étranger : ce que change la réforme C-3

C'est le point le plus délicat de cet article, et je vous demande de le lire avec attention si vous envisagez de vivre à l'étranger. La loi canadienne a longtemps limité la transmission de la citoyenneté par filiation à la première génération née à l'étranger. Concrètement : vous, citoyenne naturalisée, transmettez la citoyenneté à votre enfant né à l'étranger. Mais cet enfant, citoyen né à l'étranger, ne pouvait pas à son tour la transmettre automatiquement à ses propres enfants nés hors du Canada.

Ce cadre a été contesté devant les tribunaux, puis réformé par le projet de loi C-3. Au moment où je mets à jour cet article, en 2026, la règle est la suivante : les personnes nées à l'étranger d'un parent canadien avant le 15 décembre 2025 obtiennent la citoyenneté de façon automatique et rétroactive, sans exigence de présence du parent au Canada. Pour les enfants nés à l'étranger le 15 décembre 2025 ou après, le parent canadien doit démontrer 1 095 jours de présence physique au Canada avant la naissance ou l'adoption pour transmettre la citoyenneté. Les cas par filiation passent par une demande de certificat de citoyenneté : pas de test, pas de serment, et aucune exigence de 1 095 jours pour l'intéressé lui-même. Je vous renvoie tout de même à la page officielle de la citoyenneté canadienne pour l'état du droit au moment où vous lisez ces lignes. Si un enfant est né ou va naître à l'étranger dans votre famille, faites établir sa preuve de citoyenneté (le certificat) sans attendre : c'est la démarche qui clarifie son statut noir sur blanc.

La preuve de citoyenneté pour un enfant né à l'étranger

La démarche s'appelle justement la demande de preuve de citoyenneté : vous fournissez l'acte de naissance étranger de l'enfant, la preuve de votre propre citoyenneté au moment de sa naissance et les formulaires requis. L'enfant reçoit alors son certificat, qui lui servira toute sa vie, notamment pour obtenir son passeport canadien. Point important : si vous étiez encore résident permanent (et pas citoyen) au moment de la naissance de l'enfant à l'étranger, l'enfant n'a pas reçu la citoyenneté par filiation ; d'autres voies existent alors, comme le parrainage puis la naturalisation, ou des dispositions spécifiques d'attribution. Chaque configuration familiale est unique : en cas de doute, la page officielle et un professionnel autorisé.

Une citoyenneté qui ne s'expire pas

Je termine par le plus rassurant. La citoyenneté canadienne, une fois acquise, ne s'expire jamais. Elle ne dépend d'aucune carte à renouveler (le passeport expire, pas la citoyenneté), d'aucune durée de présence au pays, d'aucune déclaration périodique. Vous pouvez vivre cinquante ans à l'étranger sans l'affaiblir. Elle ne se perd que dans des situations exceptionnelles, essentiellement la révocation pour fraude : si la citoyenneté a été obtenue par fausse déclaration, dissimulation de faits essentiels ou fraude dans le processus, le gouvernement peut engager une procédure de révocation. Pour une personne qui a fait ses démarches honnêtement, ce scénario n'existe tout simplement pas.

Il existe aussi la renonciation volontaire, une démarche formelle que certains binationaux entreprennent quand leur pays d'origine l'exige pour conserver ou récupérer leur première nationalité. Mais c'est un choix, jamais un accident : personne ne perd sa citoyenneté canadienne par inadvertance, par oubli ou par absence prolongée.

Les erreurs fréquentes après la naturalisation

Après des années à écrire sur l'immigration, je vois revenir les mêmes faux pas chez les nouveaux citoyens. Les voici, pour que vous les évitiez.

La première : tarder à demander le passeport. Des mois passent, un voyage urgent survient (un deuil, une occasion professionnelle), et voilà la personne coincée dans les délais de traitement, à payer des frais d'urgence évitables. Demandez votre passeport dans la foulée de la cérémonie.

La deuxième : maltraiter le certificat de citoyenneté. Plastifié, plié en quatre dans un portefeuille, confié à un tiers, égaré dans un déménagement. C'est un document fondateur : numérisez-le, sauvegardez-le, protégez l'original.

La troisième : voyager vers le Canada avec le passeport étranger en pensant que l'AVE ou l'ancien statut suffira. Les citoyens canadiens ne sont pas admissibles à l'AVE, et la carte de résident permanent a été remise à la cérémonie. Sans passeport canadien valide, l'embarquement peut être refusé.

La quatrième : négliger de vérifier les règles de son pays d'origine sur la double nationalité, et découvrir des années plus tard une perte de nationalité, une obligation déclarative ou une question de service militaire non réglée. Une heure de vérification auprès du consulat vous épargne ce genre de surprise.

La cinquième : croire que la citoyenneté crée des obligations fiscales canadiennes à vie, ou à l'inverse qu'elle en dispense. Ni l'un ni l'autre : c'est la résidence fiscale qui compte. Et la sixième : oublier de faire établir la preuve de citoyenneté des enfants nés à l'étranger, en se disant que « ça ira de soi ». Rien ne va de soi avec les statuts : documentez celui de vos enfants dès que possible.

Foire aux questions

Dois-je informer IRCC de quelque chose après la cérémonie ?

Non, pour vous-même, rien. Une fois le serment prêté et le certificat reçu, votre dossier de citoyenneté est complet et vous n'avez aucune obligation de suivi auprès d'IRCC : pas de renouvellement, pas de déclaration, pas de mise à jour d'adresse obligatoire liée à la citoyenneté. Vous ne recontacterez IRCC que pour des démarches nouvelles, comme le remplacement d'un certificat perdu, une demande de preuve de citoyenneté pour un enfant né à l'étranger ou un dossier de parrainage familial.

Combien de temps après la cérémonie puis-je demander mon passeport ?

Dès que vous détenez votre certificat de citoyenneté, vous pouvez déposer votre demande de passeport, et je vous encourage à le faire rapidement. Le certificat électronique est généralement transmis peu après la cérémonie. Prévoyez le temps de réunir les photos conformes, votre pièce d'identité, votre répondant et vos références avant d'envoyer le dossier. Les délais de traitement varient selon les périodes : consultez le site officiel des passeports pour les délais affichés au moment de votre demande plutôt que de vous fier aux moyennes citées dans les forums.

Puis-je garder ma nationalité d'origine ?

Du point de vue du Canada, oui, sans aucune restriction : la double et même la multiple nationalité sont permises, et aucune déclaration n'est requise auprès des autorités canadiennes. La vraie question se joue du côté de votre pays d'origine, car chaque État fixe ses propres règles : certains acceptent la double nationalité, d'autres exigent une autorisation, d'autres encore prévoient la perte automatique de leur nationalité lors d'une naturalisation étrangère. Vérifiez la position officielle de votre pays d'origine, idéalement par écrit auprès de son consulat, et conservez cette réponse dans vos dossiers.

Est-ce que je paie des impôts au Canada toute ma vie parce que je suis citoyen ?

Non. L'impôt canadien repose sur la résidence fiscale, pas sur la citoyenneté. Tant que vous vivez au Canada, vos obligations fiscales restent exactement les mêmes qu'avant votre naturalisation. Si vous partez vivre durablement à l'étranger et coupez vos liens de résidence, vous pouvez cesser d'être résident fiscal canadien tout en restant citoyen à vie. Attention toutefois : la détermination de la résidence fiscale est technique, et un départ mal préparé peut créer des complications. Pour un projet d'expatriation, appuyez-vous sur l'Agence du revenu du Canada et sur un conseiller fiscal.

Mes enfants nés à l'étranger seront-ils canadiens ?

Si vous êtes citoyen canadien au moment de la naissance, votre enfant né à l'étranger peut recevoir la citoyenneté par filiation. Depuis la réforme C-3, les personnes nées à l'étranger d'un parent canadien avant le 15 décembre 2025 sont citoyennes de façon automatique et rétroactive, sans condition de présence du parent. Pour les naissances à l'étranger à partir du 15 décembre 2025, le parent canadien doit avoir cumulé 1 095 jours de présence physique au Canada avant la naissance ou l'adoption pour transmettre. Vérifiez la page officielle de la citoyenneté au moment de la naissance et faites établir la preuve de citoyenneté de votre enfant dès que possible : c'est le document qui fixe son statut clairement.

Puis-je perdre ma citoyenneté canadienne si je vis longtemps à l'étranger ?

Non. La citoyenneté canadienne ne comporte aucune obligation de résidence et ne s'éteint jamais par absence, quelle qu'en soit la durée. Vous pouvez vivre des décennies hors du Canada sans que votre statut soit affecté. La perte de citoyenneté ne survient que dans deux cas : la renonciation volontaire, une démarche formelle que vous seul pouvez engager, et la révocation pour fraude, réservée aux situations où la citoyenneté a été obtenue par fausse déclaration ou dissimulation. Pour un citoyen honnête, la citoyenneté est définitivement acquise, point final.

Sources officielles

La référence centrale pour tout ce qui touche à votre nouveau statut est la page officielle de la citoyenneté canadienne du gouvernement du Canada : https://www.canada.ca/en/immigration-refugees-citizenship/services/canadian-citizenship.html. Pour votre premier passeport, les formulaires, les exigences de photos et les frais à jour se trouvent sur la page officielle des passeports canadiens : https://www.canada.ca/en/immigration-refugees-citizenship/services/canadian-passports.html. Les règles, notamment celles sur la transmission de la citoyenneté par filiation, évoluent : en cas de divergence entre cet article et la source officielle, c'est toujours la source officielle qui fait foi.

À lire aussi