Réponse directe

Pour immigrer au Canada par un programme économique, vous devez prouver vos compétences linguistiques avec un test approuvé par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). En anglais, les tests reconnus sont l'IELTS General Training, le CELPIP General et le PTE Core. En français, ce sont le TEF Canada et le TCF Canada. Vos résultats sont ensuite convertis en niveaux de compétence linguistique canadiens (NCLC pour le français, CLB pour l'anglais), l'échelle commune utilisée par tous les programmes, dont Entrée express. Chaque programme fixe ses propres niveaux minimaux et les résultats ont une durée de validité limitée, alors vérifiez toujours les exigences à jour sur Canada.ca. Le bon test dépend de votre profil, de votre langue la plus forte et de votre province de destination.

Pourquoi la langue pèse autant dans l'immigration canadienne

Si je devais désigner le facteur le plus sous-estimé par les candidats à l'immigration canadienne, je répondrais sans hésiter : la langue. On passe des mois à peaufiner son CV, à rassembler ses documents, à comparer les programmes, et on relègue le test de langue au rang de formalité. C'est une erreur stratégique majeure, et je vais vous expliquer pourquoi.

Avant d'aller plus loin, une précision que je fais dans chacun de mes articles : je suis rédactrice indépendante, ni avocate ni consultante réglementée en immigration. Ce que je partage vient de mes recherches et des parcours que j'ai suivis au fil des années. Pour toute décision qui engage votre projet, la référence reste Canada.ca et, au besoin, un professionnel autorisé.

La langue, colonne vertébrale de la sélection économique

Le Canada sélectionne ses immigrants économiques sur la base d'un principe simple : plus vous êtes susceptible de vous intégrer rapidement au marché du travail, plus votre candidature est valorisée. Or toutes les études sur lesquelles s'appuie le gouvernement montrent la même chose : la maîtrise du français ou de l'anglais est l'un des meilleurs prédicteurs de réussite professionnelle des nouveaux arrivants. La langue est donc récompensée partout, dans le score CRS d'Entrée express, dans les grilles des programmes provinciaux et dans la sélection du Québec.

Concrètement, vos résultats linguistiques influencent votre dossier à plusieurs niveaux à la fois. Ils déterminent d'abord si vous êtes admissible à un programme, car chaque programme exige un niveau minimal. Ils alimentent ensuite votre pointage, car au-delà du minimum, chaque niveau supplémentaire rapporte des points. Enfin, ils se combinent avec d'autres facteurs : dans Entrée express, de bons résultats linguistiques associés à des études ou à de l'expérience canadienne débloquent des points de transférabilité qui peuvent transformer un dossier moyen en dossier compétitif.

Un levier que vous contrôlez vraiment

Voici ce qui me fait aimer ce sujet malgré son apparente aridité : la langue est l'un des rares facteurs de votre dossier que vous pouvez encore améliorer. Votre âge, vous n'y pouvez rien. Vos diplômes sont ce qu'ils sont, même si leur évaluation officielle peut réserver de bonnes surprises. Votre expérience professionnelle se construit lentement. Mais vos résultats de test, eux, peuvent progresser en quelques mois de travail sérieux, et chaque progression se traduit directement en points.

J'ai vu des candidats gagner des dizaines de points au classement simplement en repassant leur test après trois mois de préparation ciblée. Pour beaucoup de profils, c'est le levier le plus rentable qui existe, bien plus accessible qu'une année d'expérience supplémentaire ou qu'un nouveau diplôme. C'est pour cela que je vous encourage à traiter le test de langue comme un projet à part entière, avec un objectif, un calendrier et une méthode.

Les tests approuvés par IRCC pour l'immigration économique

Entrons dans le concret. IRCC n'accepte pas n'importe quel test ni n'importe quelle attestation : seuls les résultats d'organismes désignés, obtenus dans la version du test prévue pour l'immigration, sont recevables. Au moment où j'écris ces lignes, la liste est stable, mais elle a déjà évolué par le passé et elle évoluera encore. Prenez donc l'habitude de vérifier la liste à jour sur Canada.ca avant de réserver votre place, surtout si vous lisez cet article plusieurs mois après sa publication.

Les tests d'anglais : IELTS General Training, CELPIP General et PTE Core

Pour l'anglais, trois tests sont reconnus pour l'immigration économique. Le premier, l'IELTS dans sa version General Training, est le plus connu au monde. Il est disponible dans un très grand nombre de pays, sur papier ou sur ordinateur selon les centres, et il évalue les quatre compétences : compréhension orale, compréhension écrite, expression écrite et expression orale, cette dernière lors d'un entretien avec un examinateur.

Le deuxième, le CELPIP dans sa version General, est un test conçu au Canada, entièrement sur ordinateur, y compris l'expression orale qui s'enregistre face à l'écran. Son contenu s'appuie sur des situations de la vie canadienne, avec des accents nord-américains. Il est très répandu au Canada même, mais son réseau de centres à l'étranger est plus limité que celui de l'IELTS, ce qui peut trancher la question pour vous selon votre pays de résidence.

Le troisième, le PTE Core, est le plus récent de la liste. C'est un test informatisé dont la correction repose en grande partie sur des algorithmes, avec des résultats souvent communiqués rapidement. Certains candidats apprécient son format dynamique et l'absence d'entretien en face à face ; d'autres, au contraire, sont déstabilisés de parler à une machine. Aucun des trois tests n'est meilleur que les autres aux yeux d'IRCC : seuls comptent les niveaux que vous atteignez une fois vos résultats convertis.

Les tests de français : TEF Canada et TCF Canada

Pour le français, deux tests sont reconnus : le TEF Canada, administré par la Chambre de commerce et d'industrie de Paris Île-de-France, et le TCF Canada, conçu par France Éducation international. Les deux évaluent les mêmes quatre compétences et les deux sont acceptés à l'identique par IRCC. Là encore, il n'existe pas de bon ou de mauvais choix dans l'absolu : la vraie question est celle du format qui vous convient et du centre d'examen accessible près de chez vous.

Attention à un piège classique : ces deux tests existent en plusieurs déclinaisons, et seules les versions estampillées "Canada" sont acceptées pour une demande de résidence permanente fédérale. Un TEF passé il y a des années pour un autre usage, ou une variante destinée à un autre pays, ne sera pas recevable. Le Québec a par ailleurs ses propres exigences et accepte certaines déclinaisons spécifiques pour ses programmes : si votre projet passe par la sélection québécoise, vérifiez les modalités sur le site du gouvernement du Québec avant de réserver.

Les versions à ne pas confondre

Je le répète, car cette erreur coûte cher chaque année à des candidats pourtant bien préparés : la version du test compte autant que le test lui-même. L'IELTS Academic, exigé par les universités, n'est pas accepté pour la résidence permanente économique, où c'est la version General Training qui fait foi. Le CELPIP existe aussi en version General LS, limitée à deux compétences, qui ne suffit pas pour l'immigration économique. Avant de payer votre inscription, vérifiez donc trois choses : le nom exact du test, la version exacte, et sa présence sur la liste officielle d'IRCC au moment de votre réservation. Trois minutes de vérification contre des mois de retard potentiels, le calcul est vite fait.

Comprendre l'échelle NCLC et CLB

Une fois votre test passé, vos résultats bruts ne parlent pas directement le langage de l'immigration. IRCC les convertit dans une échelle commune : les Niveaux de compétence linguistique canadiens, ou NCLC, pour le français, et les Canadian Language Benchmarks, ou CLB, pour l'anglais. C'est cette échelle qui apparaît dans toutes les grilles de points et toutes les conditions d'admissibilité.

Une échelle commune pour comparer des tests différents

L'échelle va du niveau 1, débutant, au niveau 12, maîtrise avancée, et chaque compétence est évaluée séparément : vous obtenez un niveau en compréhension orale, un en compréhension écrite, un en expression écrite et un en expression orale. C'est un point capital : les programmes raisonnent compétence par compétence, pas en moyenne. Un excellent score global ne compense pas une compétence faible si le programme exige un minimum dans chacune des quatre.

L'intérêt de ce système est de rendre comparables des tests aux barèmes très différents. Un score IELTS, un score CELPIP et un score PTE Core n'ont rien de commun dans leur présentation, mais une fois convertis en CLB, ils se lisent de la même façon. Les tables de conversion officielles, publiées par IRCC, indiquent pour chaque test quel score correspond à quel niveau. Je vous conseille de les consulter avant même de commencer votre préparation : elles transforment un objectif vague ("avoir un bon score") en cible précise pour chaque compétence.

Quels niveaux viser selon les programmes

Chaque programme fédéral, provincial ou québécois fixe ses propres seuils, mais je peux vous donner les repères d'Entrée express tels qu'ils s'appliquent en 2026. Le Programme des travailleurs qualifiés (fédéral) exige le NCLC ou CLB 7 dans chacune des quatre compétences. Dans la catégorie de l'expérience canadienne, le seuil est le CLB 7 pour les emplois de catégorie FÉER 0 ou 1, et le CLB 5 pour les emplois FÉER 2 ou 3. Le Programme des travailleurs de métiers spécialisés demande le CLB 5 en expression et compréhension orales, et le CLB 4 en lecture et en écriture. Les programmes provinciaux et québécois ont leurs propres grilles, et ces seuils peuvent être ajustés : consultez la page officielle du programme qui vous intéresse pour connaître les niveaux exigés à la date de votre demande.

Ce que je peux vous dire sans risque, c'est la logique générale : le minimum requis vous rend admissible, mais c'est rarement suffisant pour être compétitif. Dans les systèmes à points comme Entrée express, les paliers supérieurs de l'échelle débloquent des gains importants, parfois de façon non linéaire : franchir un seul niveau supplémentaire dans une compétence peut rapporter plus que tous les niveaux précédents réunis. D'où l'importance de connaître les tables de conversion et de viser un palier, pas juste "mieux".

Le bilinguisme, un atout qui rapporte des points

Le Canada est un pays officiellement bilingue, et son système d'immigration le reflète de plus en plus. Si vous maîtrisez le français et l'anglais, vous pouvez déclarer une première langue officielle, celle où vous êtes le plus fort, et une seconde, en passant un test approuvé dans chacune. Les points de la seconde langue s'ajoutent à votre pointage, et dans Entrée express, une bonne maîtrise du français peut ouvrir des avantages supplémentaires, le gouvernement fédéral cherchant activement à attirer des candidats francophones hors Québec.

Je rencontre beaucoup de candidats francophones qui hésitent à passer un test d'anglais "parce que leur anglais n'est pas parfait". C'est dommage : même un niveau intermédiaire dans la seconde langue peut ajouter des points précieux, et dans un système où quelques points séparent les invités des non-invités, rien n'est à négliger. L'inverse est vrai aussi : si vous êtes anglophone avec des bases de français, quelques mois d'investissement peuvent transformer votre profil. Les mécanismes exacts et le nombre de points évoluent avec les grilles, je vous renvoie donc à mon article sur le score CRS et aux pages officielles pour le détail à jour.

Un mot de stratégie : ne passez la seconde langue que lorsque votre première langue est solide. Vos ressources de préparation sont limitées, et la priorité absolue reste de maximiser la langue qui pèse le plus lourd dans votre grille. La seconde langue est la cerise sur le gâteau, pas le gâteau.

La validité des résultats dans le temps

Voici un point de mécanique que trop de candidats découvrent au pire moment : les résultats de test de langue ont une durée de validité limitée. Passé ce délai, ils ne sont plus recevables, même si votre niveau réel n'a évidemment pas disparu. En 2026, les résultats sont valides 2 ans à compter de la date du test, et IRCC exige qu'ils soient encore valides à deux moments : quand vous soumettez votre profil et quand vous déposez votre demande de résidence permanente. Cette règle est confirmée sur la page officielle des exigences linguistiques, que je vous invite à consulter.

Pourquoi est-ce si important ? Parce que le parcours d'immigration est long. Entre le moment où vous passez votre test, celui où vous créez votre profil, celui où vous recevez une invitation et celui où vous soumettez votre demande complète de résidence permanente, des mois s'écoulent. Si vos résultats expirent au milieu du processus, votre profil peut devenir invalide ou votre demande incomplète, et tout est à refaire, frais compris.

Ma recommandation pratique : notez la date d'expiration de vos résultats le jour où vous les recevez, et intégrez-la dans votre calendrier global. Si vous savez que votre projet prendra du temps, par exemple parce que vous attendez une nomination provinciale ou que vous accumulez de l'expérience, il peut être plus malin de passer le test un peu plus tard, ou de prévoir dès le départ de le repasser. Un test encore valide six mois après votre entrée dans le bassin vaut mieux qu'un excellent résultat qui expire la semaine où vous en avez besoin.

Choisir son test selon son profil et sa province

Il n'existe pas de meilleur test dans l'absolu, mais il existe un meilleur test pour vous. Voici les questions que je poserais à une amie pour l'aider à choisir.

Votre langue forte d'abord

Commencez par la question la plus structurante : dans quelle langue êtes-vous réellement le plus performant ? Votre première langue officielle doit être celle où vous atteindrez les niveaux les plus élevés, car c'est elle qui porte l'essentiel des points. Si vous êtes parfaitement à l'aise dans les deux, regardez votre projet : une installation au Québec ou un projet francophone hors Québec plaide pour le français en première langue, un projet à Toronto, Calgary ou Vancouver plaide souvent pour l'anglais, tout en gardant l'autre langue en seconde position pour les points additionnels.

La destination change la donne

La province visée influence directement le choix. Le Québec sélectionne ses immigrants économiques avec ses propres règles, dans lesquelles le français occupe une place centrale, et il reconnaît des déclinaisons spécifiques des tests pour ses programmes. Les programmes des candidats des provinces anglophones, eux, raisonnent en CLB et acceptent les mêmes tests que le fédéral, avec des seuils qui varient selon les volets. Si vous visez une nomination provinciale, qui vaut 600 points supplémentaires dans Entrée express lorsqu'elle est alignée sur ce système, vérifiez les exigences linguistiques du volet précis qui vous intéresse, car elles peuvent différer des exigences fédérales.

Format, logistique et confort personnel

Ensuite, la logistique. Quel centre d'examen est accessible depuis chez vous, avec quelles dates disponibles ? Dans certains pays, un seul des tests approuvés est réellement disponible, et la question est réglée. Si vous avez le choix, comparez les formats : entretien en face à face ou expression orale enregistrée sur ordinateur, test papier ou informatisé, délais de publication des résultats, politique de repassage d'une seule compétence le cas échéant, et bien sûr les frais d'inscription, qui varient d'un test et d'un pays à l'autre. Pour vous donner des ordres de grandeur, tarifs constatés en 2026 et susceptibles d'évoluer : le CELPIP General coûte 295 $ CA plus taxes au Canada (la version CELPIP LS, réservée à la citoyenneté, coûte 195 $ plus taxes), l'IELTS General Training se situe environ entre 320 et 410 $ CA selon le centre et le mode de passation, et le TEF Canada comme le TCF Canada sont de l'ordre de 300 à 450 $ CA selon le centre. Une reprise se paie plein tarif. Côté délais, le CELPIP a l'avantage de résultats rapides, disponibles en 2 à 4 jours ouvrables. Vérifiez le tarif exact sur le site du centre au moment de réserver.

Enfin, le confort personnel, qu'on sous-estime toujours. Certaines personnes donnent le meilleur d'elles-mêmes face à un examinateur humain, d'autres se sentent plus libres face à un écran. Certains préfèrent les accents britanniques de l'IELTS, d'autres les situations nord-américaines du CELPIP. Faites un test blanc gratuit de chaque format avant de choisir : une heure d'essai vous en apprendra plus que dix comparatifs en ligne.

Comment se préparer efficacement

J'aimerais vous dire qu'il existe une astuce magique, mais la vérité est plus banale et plus rassurante : la préparation au test de langue récompense la méthode et la régularité, pas le talent. Voici ce qui fonctionne, d'après tout ce que j'ai pu observer.

Partir de la cible, pas du niveau actuel

La première étape n'est pas d'ouvrir un manuel, c'est de définir votre cible : quel niveau NCLC ou CLB visez-vous dans chaque compétence, et à quel score cela correspond-il dans le test choisi ? Passez ensuite un test blanc complet, dans les conditions réelles, pour mesurer l'écart. Vous saurez alors exactement où porter vos efforts. La plupart des candidats découvrent qu'ils ont une ou deux compétences faibles qui plombent l'ensemble, souvent l'expression écrite ou l'expression orale, et c'est là que se joue la partie.

La régularité bat l'intensité

Trente minutes par jour pendant trois mois valent mieux qu'un week-end de bachotage par mois. La langue est une compétence motrice autant qu'intellectuelle : elle s'entretient par la répétition. Intégrez la langue cible dans votre quotidien : podcasts pendant les trajets, séries en version originale, journal en ligne au petit-déjeuner, et surtout de la production, car comprendre ne suffit pas. Écrivez chaque semaine des textes du format demandé par votre test, parlez à voix haute, enregistrez-vous, faites-vous corriger par un professeur, un partenaire linguistique ou un groupe d'étude.

Apprivoiser le format du test

Une part non négligeable de votre score ne mesure pas votre langue mais votre familiarité avec l'exercice. Chaque test a ses consignes, son minutage, ses pièges classiques, ses grilles d'évaluation. Étudiez-les. Faites des examens blancs chronométrés, analysez vos erreurs, apprenez à gérer votre temps section par section. Pour l'expression orale, entraînez-vous dans les conditions exactes du test choisi : parler à un écran ne s'improvise pas, et un entretien avec un examinateur non plus. Les organisateurs des tests publient des exemples officiels gratuits, commencez par eux avant d'investir dans du matériel payant.

Savoir quand repasser le test

Dernier conseil, peut-être le plus rentable : ne considérez jamais votre premier résultat comme définitif. Si une seule compétence vous sépare du palier supérieur, quelques semaines de travail ciblé sur cette compétence, puis un nouveau passage, peuvent débloquer des points considérables. Beaucoup de candidats passent leur test deux ou trois fois, et c'est une stratégie parfaitement légitime : IRCC ne pénalise pas les tentatives multiples, seul le résultat que vous soumettez compte. Budgétez cette éventualité dès le départ, financièrement et dans votre calendrier.

Le cas particulier de la citoyenneté

Un mot sur une confusion fréquente : les exigences linguistiques de la citoyenneté canadienne ne fonctionnent pas comme celles de l'immigration économique. Quand vous demandez la citoyenneté, après avoir vécu comme résident permanent le temps requis, vous devez démontrer une connaissance suffisante du français ou de l'anglais si vous avez entre 18 et 54 ans. En 2026, le niveau exigé est le NCLC ou CLB 4, plus modeste que celui des programmes économiques, et surtout, les preuves acceptées sont plus variées.

Concrètement, vous n'êtes pas nécessairement obligé de passer un nouveau test : les résultats d'un test de langue passé pour votre immigration peuvent servir même s'ils sont expirés, car ils ne périment pas aux fins de la citoyenneté ; un diplôme d'études en français ou en anglais ou une attestation d'un programme gouvernemental de formation linguistique sont aussi acceptés. Chaque type de preuve a ses conditions précises, que je détaille dans mon guide pour devenir citoyen canadien. Si la citoyenneté est votre horizon, conservez précieusement tous vos résultats et attestations dès maintenant : le document que vous archivez aujourd'hui peut vous épargner un test dans quelques années.

Les erreurs fréquentes que je vois trop souvent

Après des années à décortiquer des parcours d'immigration, certaines erreurs liées aux tests de langue reviennent avec une régularité qui me désole. Passons-les en revue pour que vous les évitiez.

Passer le mauvais test ou la mauvaise version

C'est l'erreur la plus rageante : préparer et réussir un test qui ne sera pas accepté. IELTS Academic au lieu de General Training, une déclinaison du TEF qui n'est pas la version Canada, un test parfaitement respectable mais absent de la liste d'IRCC. Le résultat est le même : des semaines de préparation et des frais d'inscription perdus. Avant toute réservation, vérifiez le nom exact du test et de la version sur la page officielle d'IRCC, et si vous visez le Québec, sur la page du gouvernement québécois. C'est une vérification de cinq minutes qui vous protège d'un faux départ.

Viser trop juste

Deuxième erreur classique : viser exactement le minimum requis. Le problème est double. D'abord, le jour du test, la fatigue, le stress ou un sujet qui tombe mal peuvent vous faire perdre le petit point qui vous sépare du seuil. Ensuite, dans les systèmes à points, le minimum vous rend admissible mais pas compétitif : les candidats invités ont souvent des niveaux nettement supérieurs aux planchers. Visez toujours un palier au-dessus de votre besoin théorique. Cette marge de sécurité transforme une candidature fragile en candidature solide, et elle vous évite de repasser le test dans l'urgence.

Laisser expirer ses résultats

Troisième erreur, la plus évitable de toutes : l'expiration des résultats en cours de route. Un profil créé avec des résultats en fin de vie, une invitation qui arrive alors que le test vient d'expirer, une demande retournée pour preuve linguistique périmée : ces scénarios se produisent tous les jours. La parade est simple : vérifiez la durée de validité sur la source officielle, notez vos échéances et anticipez le repassage si votre projet s'étale dans le temps.

Négliger une compétence ou improviser le jour J

Deux dernières erreurs en une : croire que sa moyenne suffira alors que les programmes exigent un minimum par compétence, et se présenter au test sans jamais avoir fait d'examen blanc chronométré. La première se corrige par une préparation équilibrée qui ne délaisse aucune des quatre compétences. La seconde par au moins deux ou trois simulations complètes dans les conditions réelles avant la vraie date. Et le jour de l'examen, dormez, mangez, arrivez en avance avec les pièces d'identité exigées : des candidats se voient refuser l'entrée pour un document manquant, et c'est un gâchis absolu.

Foire aux questions

Quel test de langue choisir pour Entrée express ?

Celui, parmi les tests approuvés par IRCC, dans lequel vous obtiendrez les meilleurs niveaux une fois vos résultats convertis en CLB ou en NCLC. Pour l'anglais, vous avez le choix entre IELTS General Training, CELPIP General et PTE Core ; pour le français, entre TEF Canada et TCF Canada. IRCC ne favorise aucun test : comparez la disponibilité des centres près de chez vous, les formats d'épreuves et votre confort personnel avec chacun, idéalement en faisant un test blanc gratuit de chaque format avant de vous inscrire.

L'IELTS Academic est-il accepté pour immigrer au Canada ?

Non, pas pour les programmes d'immigration économique fédéraux : c'est la version General Training de l'IELTS qui est exigée. L'IELTS Academic sert pour les admissions universitaires et certains ordres professionnels, mais un résultat Academic soumis dans une demande de résidence permanente économique sera refusé, quel que soit le score obtenu. Si vous avez déjà passé l'Academic pour vos études, vous devrez donc repasser la version General Training pour votre demande d'immigration. Vérifiez toujours la version exacte au moment de la réservation.

Combien de temps mes résultats de test restent-ils valides ?

En 2026, les résultats de test sont valides 2 ans à compter de la date du test, et ils doivent être valides quand vous soumettez votre profil et quand vous déposez votre demande de résidence permanente. C'est le genre de paramètre à revérifier sur Canada.ca au moment de planifier votre projet. Retenez surtout le principe : le parcours d'immigration s'étale sur des mois, parfois des années, et des résultats qui expirent au milieu du processus peuvent invalider votre profil. Notez votre date d'expiration et anticipez un éventuel repassage.

Faut-il passer un test dans les deux langues officielles ?

Ce n'est pas obligatoire : une seule langue officielle suffit pour être admissible aux programmes économiques. Mais si vous avez des compétences dans la seconde langue, les tester peut ajouter des points non négligeables à votre dossier, et la maîtrise du français ouvre des avantages spécifiques dans Entrée express pour les candidats francophones. Ma suggestion : sécurisez d'abord d'excellents résultats dans votre langue forte, puis évaluez si un test dans la seconde langue vaut l'investissement au vu de votre marge de progression et de votre calendrier.

Le test de langue pour la citoyenneté est-il le même ?

Les exigences sont différentes. Pour la citoyenneté, le niveau demandé est plus modeste que dans les programmes économiques et les preuves acceptées sont plus variées : résultats d'un test approuvé, y compris celui passé pour votre immigration, diplômes d'études effectuées en français ou en anglais, ou attestations de certains programmes gouvernementaux de francisation ou de formation linguistique. Vous n'aurez donc pas forcément à repasser un test. Les conditions précises figurent sur Canada.ca, et j'en parle plus longuement dans mon article sur la citoyenneté canadienne.

Puis-je repasser le test si mes résultats me déçoivent ?

Oui, autant de fois que vous le souhaitez, et IRCC ne verra que les résultats que vous choisissez de soumettre. Repasser le test est même une stratégie courante et rentable : si une seule compétence vous sépare d'un palier de points supérieur, quelques semaines de travail ciblé peuvent suffire. Attention simplement aux frais d'inscription à chaque tentative et aux délais d'obtention des résultats, à intégrer dans votre calendrier, surtout si vous attendez une ronde d'invitations ou une échéance de programme provincial.

Sources officielles

La page de référence sur les exigences linguistiques d'Entrée express, avec la liste des tests approuvés et les tables de conversion, se trouve sur le site du gouvernement du Canada : https://www.canada.ca/en/immigration-refugees-citizenship/services/immigrate-canada/express-entry/documents/language-requirements.html. Le portail général de l'immigration et de la citoyenneté, https://www.canada.ca/fr/services/immigration-citoyennete.html, vous mènera vers les exigences propres à chaque programme. Les règles, les tests reconnus et les seuils évoluent régulièrement : avant toute décision, c'est la source officielle qui fait foi.

À lire aussi