Réponse directe

La preuve de langue pour la citoyenneté canadienne concerne uniquement les demandeurs de 18 à 54 ans : ils doivent démontrer un niveau NCLC 4 (ou CLB 4 en anglais) à l'oral, c'est-à-dire en expression orale et en compréhension orale. Les moins de 18 ans et les personnes de 55 ans et plus en sont exemptés. Trois familles de preuves sont acceptées : les résultats d'un test de langue approuvé, qui n'ont pas de date de péremption pour la citoyenneté, un diplôme ou relevé d'études secondaires ou postsecondaires en français ou en anglais, ou l'attestation d'un programme gouvernemental de formation linguistique atteignant le niveau requis. Votre vieux test IELTS, CELPIP ou TEF utilisé pour la résidence permanente reste donc recevable. Vérifiez toujours les exigences à jour sur Canada.ca.

Ce que l'exigence de langue signifie vraiment

Quand on prépare sa demande de citoyenneté, la preuve de langue est souvent la pièce qui génère le plus de questions dans mon courrier de lectrice. Et je comprends pourquoi : les gens arrivent avec les réflexes acquis pendant leur parcours d'immigration, où les tests de langue sont omniprésents, coûteux et périssables. Pour la citoyenneté, les règles du jeu changent, et presque toujours en votre faveur. Ce guide fait le tour complet de la question, document par document.

Avant d'aller plus loin, ma précision habituelle, parce qu'elle compte : je suis rédactrice indépendante, pas avocate ni consultante réglementée en immigration. Ce que je vous offre ici, c'est une carte pour vous orienter, construite à partir de mes recherches et des témoignages que je reçois. Pour votre dossier, la seule référence qui fait foi reste Canada.ca, et au besoin un professionnel autorisé.

Une exigence pour les 18-54 ans seulement

Premier point, et il soulage beaucoup de familles : l'exigence linguistique ne s'applique qu'aux demandeurs âgés de 18 à 54 ans au moment de la demande. Un enfant mineur inclus dans une demande familiale n'a aucune preuve de langue à fournir. Une personne de 55 ans ou plus non plus. C'est la même tranche d'âge que pour le test de citoyenneté, celui qui porte sur les connaissances du Canada, et ce n'est pas un hasard : le législateur a voulu concentrer ces deux exigences sur la population en âge de travailler.

Si vous approchez de vos 55 ans et que la langue vous inquiète sérieusement, sachez donc que l'âge pris en compte est celui au moment où IRCC reçoit votre demande. Je ne vous encourage pas à retarder un projet de citoyenneté pour cette seule raison, chaque situation se calcule, mais c'est une donnée que certains lecteurs ignorent complètement et qui peut changer leur planification.

L'oral, rien que l'oral

Deuxième point fondamental : pour la citoyenneté, seules vos compétences orales comptent. IRCC évalue deux habiletés, l'expression orale (parler) et la compréhension orale (écouter et comprendre). L'écrit n'entre pas dans l'équation. Vous pouvez faire des fautes d'orthographe à chaque ligne, cela n'a aucune incidence sur votre admissibilité linguistique à la citoyenneté.

C'est une différence nette avec les programmes d'immigration économique, où les quatre compétences (parler, écouter, lire, écrire) sont notées et pèsent sur votre score. Si vos résultats d'écrit étaient votre point faible à l'époque de votre demande de résidence permanente, respirez : pour la citoyenneté, personne ne les regardera.

NCLC 4, un niveau volontairement accessible

Le niveau exigé est le niveau 4 des Niveaux de compétence linguistique canadiens (NCLC) en français, ou son équivalent anglophone, le Canadian Language Benchmark (CLB) 4. Concrètement, une personne au NCLC 4 peut tenir une conversation simple sur des sujets familiers, comprendre des instructions courantes, poser des questions et raconter ce qu'elle a fait dans sa journée. On est loin du niveau universitaire : il s'agit de démontrer que vous pouvez fonctionner en français ou en anglais dans la vie de tous les jours.

Beaucoup de mes lecteurs qui travaillent au Canada depuis des années dépassent ce niveau sans même y penser. La vraie question n'est généralement pas « ai-je le niveau ? » mais « comment le prouver sur papier ? ». C'est tout l'objet des sections qui suivent.

La différence cruciale avec l'immigration : vos tests ne périment pas

S'il ne fallait retenir qu'une seule chose de cet article, ce serait celle-ci : pour la citoyenneté, les résultats d'un test de langue approuvé n'ont pas de date de péremption. Le test IELTS que vous avez passé il y a six ans pour votre demande de résidence permanente, le CELPIP de vos débuts, le TEF que vous aviez présenté pour Entrée express : tous restent recevables comme preuve de langue dans votre demande de citoyenneté, quelle que soit leur date.

Pourquoi ce point déroute autant de monde

La confusion vient du fait que le réflexe inverse a été martelé pendant tout le parcours d'immigration. Pour les programmes de résidence permanente, les résultats de test sont valides deux ans, point final. Un test expiré au moment de la demande est refusé, et des dossiers entiers ont capoté pour quelques jours de dépassement. J'en parle longuement dans mon guide sur les tests de langue pour l'immigration, où cette règle des deux ans est un fil rouge.

Alors quand vient le moment de la citoyenneté, beaucoup de gens paient un nouveau test par pur réflexe, sans vérifier. Un lecteur m'a écrit l'an dernier pour me raconter qu'il avait déboursé plusieurs centaines de dollars pour repasser un IELTS avant sa demande de citoyenneté, avant de découvrir que son test d'origine, vieux de cinq ans, aurait parfaitement suffi. C'est de l'argent jeté par la fenêtre, et c'est exactement le genre d'erreur que ce guide veut vous épargner.

La logique derrière la règle

Cette différence n'est pas une bizarrerie administrative, elle a sa logique. Pour l'immigration, IRCC veut mesurer votre niveau actuel, car la langue conditionne votre intégration à venir. Pour la citoyenneté, vous vivez déjà au Canada depuis des années, votre présence physique en atteste, et un test réussi par le passé démontre que vous avez atteint le niveau requis à un moment donné. IRCC part du principe raisonnable qu'une compétence orale de base, exercée au quotidien dans un pays où l'on vit, ne s'évapore pas.

Retenez donc la règle sous sa forme la plus simple : immigration, deux ans de validité ; citoyenneté, pas de limite de validité. Si vous avez encore vos résultats quelque part dans une pochette ou un compte en ligne, ils valent de l'or.

Première famille de preuves : les résultats d'un test approuvé

Entrons dans le détail des trois familles de preuves acceptées, en commençant par la plus courante chez les personnes passées par l'immigration économique : les résultats d'un test de langue approuvé par IRCC.

Les tests reconnus

Les tests concernés sont ceux qu'IRCC désigne pour ses programmes : côté anglais, le CELPIP et l'IELTS notamment ; côté français, le TEF et le TCF dans leurs versions reconnues pour le Canada. La liste exacte des tests et des versions acceptées pour la citoyenneté figure sur Canada.ca, et je vous invite à la consulter avant de joindre votre document, car les appellations des tests ont évolué au fil des années et certaines versions anciennes portent des noms différents des versions actuelles. <!-- TODO vérifier sur canada.ca -->

Ce qui compte pour la citoyenneté, ce sont uniquement vos résultats en expression orale et en compréhension orale. Vos notes en lecture et en écriture, même faibles, sont sans importance ici. Vous joignez à votre demande une copie de votre relevé de résultats, celui-là même que vous aviez utilisé pour votre résidence permanente si c'est le cas.

Retrouver des résultats égarés

Que faire si vous ne retrouvez plus votre relevé ? Premier réflexe : le compte en ligne du centre de test. La plupart des organismes conservent les résultats dans votre espace personnel pendant des années, et vous pouvez souvent télécharger une copie électronique. Deuxième piste : demander un duplicata auprès de l'organisme, service généralement payant mais bien moins cher qu'un nouveau test. Troisième piste, souvent oubliée : votre propre dossier de résidence permanente. Si vous avez conservé une copie complète de ce que vous aviez soumis à IRCC, et je recommande toujours de tout garder, votre relevé y figure.

Si toutes ces pistes échouent, il vous reste les deux autres familles de preuves, ou en dernier recours un nouveau test. Mais épuisez d'abord les options gratuites ou presque : c'est le bon ordre des choses.

Deuxième famille : un diplôme ou relevé d'études en français ou en anglais

La deuxième famille de preuves acceptées est le diplôme, le certificat ou le relevé de notes d'études secondaires ou postsecondaires effectuées en français ou en anglais. Cette voie est précieuse pour les personnes qui n'ont jamais passé de test de langue, par exemple celles arrivées par parrainage familial ou comme personnes protégées.

Des études au Canada ou à l'étranger

Point important et souvent méconnu : les études peuvent avoir été faites au Canada ou à l'étranger. Un diplôme d'études secondaires obtenu dans une école anglophone au Nigeria, un baccalauréat universitaire suivi en français au Maroc, un diplôme collégial complété à Montréal : tous peuvent servir de preuve, dès lors que le programme s'est déroulé en français ou en anglais.

La condition centrale est que l'enseignement ait réellement été dispensé dans l'une des deux langues officielles du Canada. IRCC applique des critères précis sur ce que le document doit démontrer, notamment sur la langue d'enseignement du programme, et je vous renvoie à la page officielle pour la formulation exacte de ces critères avant de choisir cette voie. <!-- TODO vérifier sur canada.ca -->

Quel document joindre, et comment le solidifier

En pratique, vous joignez votre diplôme ou votre relevé de notes. Si la langue d'enseignement ne ressort pas clairement du document lui-même, c'est le cas de nombreux diplômes étrangers, une attestation de l'établissement confirmant que le programme était enseigné en français ou en anglais renforce considérablement le dossier. Certains lecteurs m'ont dit avoir obtenu ce genre de lettre par un simple courriel au bureau du registraire de leur ancienne université.

Deux mises en garde. D'abord, un diplôme obtenu dans un programme enseigné dans une autre langue, même prestigieux, ne prouve rien sur votre français ou votre anglais : ne tentez pas le coup, vous perdriez du temps. Ensuite, si votre document n'est ni en français ni en anglais, il devra être accompagné d'une traduction conforme aux exigences d'IRCC, comme toute pièce d'un dossier d'immigration ou de citoyenneté.

Troisième famille : un programme gouvernemental de formation linguistique

La troisième famille de preuves est la moins connue, et pourtant elle concerne des dizaines de milliers de nouveaux arrivants : l'attestation d'un programme de formation linguistique financé par un gouvernement, fédéral ou provincial, démontrant l'atteinte du NCLC 4 ou du CLB 4 à l'oral.

LINC, CLIC et les programmes provinciaux

Le programme fédéral le plus répandu s'appelle LINC en anglais (Language Instruction for Newcomers to Canada) et CLIC en français (Cours de langue pour les immigrants au Canada). Si vous avez suivi ces cours gratuits après votre arrivée, vous avez normalement reçu des attestations de progression indiquant les niveaux NCLC ou CLB atteints dans chaque compétence. Un certificat montrant que vous avez atteint le niveau 4 ou plus en expression orale et en compréhension orale constitue une preuve de langue recevable pour la citoyenneté.

Les provinces financent aussi leurs propres programmes de francisation ou de formation linguistique, et les attestations délivrées dans ce cadre peuvent également servir, dès lors qu'elles démontrent le niveau requis. Les règles précises sur les programmes admissibles figurent sur la page officielle de la preuve de langue. <!-- TODO vérifier sur canada.ca -->

Réclamer ses attestations, même des années plus tard

Le conseil pratique que je donne systématiquement : si vous avez suivi des cours LINC ou CLIC, même partiellement, même il y a longtemps, contactez l'organisme qui les dispensait et demandez vos attestations de niveau. Les organismes d'aide aux nouveaux arrivants ont l'habitude de cette demande et conservent des dossiers. Beaucoup de gens ont quitté leurs cours sans récupérer ces papiers, sans se douter qu'ils leur épargneraient un jour le coût d'un test.

Et si vous suivez ces cours en ce moment, avec la citoyenneté en ligne de mire, dites-le à votre enseignant : viser l'attestation du niveau 4 à l'oral devient alors un objectif concret, et les formateurs savent documenter la progression en conséquence. Mon article sur les cours pour apprendre l'anglais et le français au Canada explique comment s'inscrire à ces programmes gratuits.

Vérifier que vos anciens résultats atteignent NCLC/CLB 4

Vous avez retrouvé un vieux relevé de test, très bien. Encore faut-il vérifier qu'il atteint le seuil requis, car les tests n'affichent pas leurs scores en NCLC ou en CLB : l'IELTS note sur 9, le TEF en points, le TCF en niveaux propres. Il faut donc convertir.

Les tableaux d'équivalence officiels

IRCC publie des tableaux d'équivalence officiels qui convertissent les scores de chaque test approuvé en niveaux NCLC ou CLB, compétence par compétence. C'est la seule source à utiliser : les conversions qui circulent sur les forums ou dans de vieux billets de blogue contiennent régulièrement des erreurs, et une erreur ici peut retarder tout votre dossier. Cherchez la page des équivalences de résultats de tests de langue sur Canada.ca et comparez vos scores d'expression orale et de compréhension orale au seuil du niveau 4.

Le bon réflexe est de vérifier les deux compétences orales séparément. Atteindre le niveau 4 en expression mais pas en compréhension, ou l'inverse, ne suffit pas : les deux doivent y être. En revanche, je le répète parce que c'est libérateur pour beaucoup, vos scores de lecture et d'écriture peuvent être en dessous du seuil sans aucune conséquence pour la citoyenneté.

Un exemple de démarche, sans chiffres magiques

Concrètement, prenez votre relevé, isolez les deux lignes orales, ouvrez le tableau officiel correspondant à votre test et à sa version, et lisez la correspondance. Si vos deux compétences orales atteignent ou dépassent l'équivalent du niveau 4, votre relevé fait l'affaire, joignez-le et passez à autre chose. S'il manque une compétence, ne forcez pas : regardez du côté des deux autres familles de preuves avant d'envisager un nouveau test.

Je ne vous donne volontairement pas de correspondances chiffrées ici, car les tableaux sont mis à jour par IRCC et chaque version de test a les siennes. Dix minutes sur la page officielle valent mieux qu'une équivalence approximative recopiée de mémoire.

L'évaluation par l'agent : votre oral peut aussi être apprécié en personne

La preuve documentaire n'est pas toute l'histoire. IRCC précise que les compétences linguistiques peuvent aussi être appréciées lors des interactions avec le ministère, notamment si vous êtes convoqué à une entrevue avec un agent de citoyenneté.

Comment cela se passe en pratique

Restons qualitatifs, car c'est un domaine où chaque dossier est particulier. Lors d'une entrevue, l'agent vous pose des questions sur votre demande, vos documents, votre parcours, et la conversation se déroule en français ou en anglais, à votre choix. Sa capacité à échanger avec vous fait naturellement partie de l'évaluation d'ensemble : un demandeur qui comprend les questions et y répond montre, en situation réelle, qu'il possède le niveau oral attendu.

Il ne s'agit pas d'un examen surprise ni d'un piège. Si vous fonctionnez au quotidien en français ou en anglais, au travail, chez le médecin, à l'école de vos enfants, vous avez déjà le niveau de conversation que suppose cet échange. Les personnes qui m'écrivent après leur entrevue la décrivent presque toujours comme plus simple que ce qu'elles avaient imaginé.

Ce que cela implique pour votre préparation

La conséquence pratique est double. D'une part, soignez la cohérence de votre dossier : si vous soumettez une preuve de niveau 4, votre aisance en entrevue doit raisonnablement y correspondre, ce qui est le cas pour l'immense majorité des gens. D'autre part, si votre oral s'est un peu rouillé, notamment chez des personnes qui vivent dans un environnement où leur langue maternelle domine, remettez-le en mouvement dans les mois qui précèdent la demande : conversations, radio, balados, cours communautaires. C'est bon pour l'entrevue, et c'est surtout bon pour la suite, car la citoyenneté n'est pas une fin en soi mais le début d'un chapitre où la langue reste votre meilleur outil.

Aucune preuve sous la main : le plan de match

Passons au cas de figure le plus inconfortable : vous avez entre 18 et 54 ans, aucun test de langue à votre nom, pas d'études en français ou en anglais, pas d'attestation de programme linguistique. Ce n'est pas une impasse, c'est un projet à organiser, et voici comment je le structurerais.

Commencer par les cours gratuits financés par IRCC

Première étape, et elle coûte zéro dollar : les cours de langue financés par le gouvernement fédéral pour les résidents permanents. Les programmes LINC et CLIC sont gratuits, offerts partout au pays, souvent avec des horaires de soir et de fin de semaine, parfois avec garde d'enfants et en formats en ligne. Ils commencent par une évaluation de classement qui situe votre niveau NCLC ou CLB actuel, ce qui vous donne d'entrée une idée précise de la distance à parcourir jusqu'au niveau 4 à l'oral.

L'avantage est double : vous progressez, et le programme lui-même peut générer votre preuve, puisque l'attestation d'atteinte du niveau 4 dans les compétences orales appartient à la troisième famille de preuves acceptées. Autrement dit, le chemin de préparation et le document final ne font qu'un. Tous les détails pratiques d'inscription sont dans mon guide sur l'apprentissage de l'anglais et du français au Canada.

Repasser un test seulement si nécessaire

Si votre échéancier est serré ou si vous préférez la voie du test, vous pouvez évidemment passer un test approuvé. Prévoyez le budget en conséquence : comptez environ 295 $ pour le CELPIP, environ 320 à 410 $ pour l'IELTS et environ 300 à 450 $ pour le TEF ou le TCF selon le centre. Ce sont des montants indicatifs qui varient selon les villes et les formats, à vérifier au moment de la réservation.

Pour la citoyenneté, rappelez-vous que seul l'oral compte : si le format du test que vous choisissez le permet, concentrez votre préparation sur l'expression et la compréhension orales. Et avant de payer, refaites une dernière fois le tour de vos tiroirs et de vos courriels : le nombre de personnes qui achètent un test en ayant déjà une preuve valide quelque part est, d'après mon courrier, étonnamment élevé.

Preuve de langue et test de citoyenneté : deux exigences distinctes

Une confusion revient sans cesse, alors mettons-la au tapis une bonne fois : la preuve de langue et le test de citoyenneté sont deux exigences différentes, évaluées différemment, même si elles visent la même tranche d'âge des 18-54 ans.

Le test de connaissances n'est pas un test de langue

Le test de citoyenneté porte sur vos connaissances du Canada : histoire, géographie, institutions, droits et responsabilités, symboles. Il compte 20 questions et il faut 15 bonnes réponses pour réussir, avec une passation en ligne devenue la norme. Vous le passez en français ou en anglais, mais il ne mesure pas votre niveau de langue : il mesure ce que vous avez retenu du guide d'étude officiel.

La preuve de langue, elle, se règle par documents, comme on l'a vu tout au long de cet article, complétés le cas échéant par l'appréciation de l'agent en entrevue. Réussir le test de connaissances ne vous dispense pas de fournir une preuve de langue, et fournir une excellente preuve de langue ne vous dispense pas de préparer le test de connaissances. Ce sont deux cases distinctes du même formulaire.

Les deux s'insèrent dans un dossier plus large

Gardez aussi la vue d'ensemble : langue et test de connaissances ne sont que deux conditions parmi d'autres. Il faut aussi être résident permanent, satisfaire l'exigence de présence physique, soit 1 095 jours au Canada dans les 5 ans précédant la demande, avoir produit ses déclarations de revenus lorsque requis, et payer les frais, environ 630 $ pour un adulte, montant indexé dont je vous invite à vérifier la valeur à jour au moment de payer. Mon guide complet pour devenir citoyen canadien remet toutes ces pièces dans l'ordre.

Les erreurs fréquentes que je vois passer

Terminons par le florilège des erreurs qui reviennent le plus souvent dans les témoignages de mes lecteurs, pour que vous n'en commettiez aucune.

La première, on l'a assez dit mais elle mérite la tête du classement : payer un nouveau test alors qu'un ancien suffit. Pour la citoyenneté, un résultat de test approuvé ne périme pas. Avant de sortir la carte de crédit, cherchez vos anciens relevés, contactez le centre de test pour un duplicata, fouillez votre copie de dossier de résidence permanente.

La deuxième : confondre les exigences de la résidence permanente et celles de la citoyenneté. Les programmes d'immigration exigent souvent des niveaux plus élevés, sur les quatre compétences, avec des tests de moins de deux ans. La citoyenneté demande le niveau 4 à l'oral seulement, sans limite de validité du test. Appliquer les règles de l'un à l'autre mène soit à des dépenses inutiles, soit à de fausses inquiétudes.

La troisième : oublier que le test de citoyenneté est un test de connaissances, pas de langue, et arriver le jour J en ayant préparé son anglais mais pas le guide d'étude officiel. Les deux exigences se préparent séparément.

La quatrième : soumettre un diplôme étranger sans démontrer la langue d'enseignement, alors qu'une simple attestation du registraire aurait réglé la question. La cinquième : jeter ou égarer ses attestations LINC ou CLIC, qui sont des preuves recevables et gratuites. Et la sixième : retarder toute la demande pour un point de langue alors qu'une des trois familles de preuves était déjà dans un classeur à la maison. Un dossier de citoyenneté se gagne souvent dans l'organisation des papiers, bien plus que dans les salles d'examen.

Foire aux questions

Mon test IELTS de 2019 est-il encore valide pour la citoyenneté ?

Oui, s'il s'agit d'une version approuvée par IRCC et que vos résultats en expression orale et en compréhension orale atteignent l'équivalent du CLB 4. Pour la citoyenneté canadienne, les résultats de tests de langue approuvés n'ont pas de date de péremption, contrairement aux programmes d'immigration où ils expirent après deux ans. Vous pouvez donc joindre le relevé du test passé pour votre résidence permanente, quelle que soit son ancienneté. Vérifiez simplement la correspondance de vos scores oraux avec les tableaux d'équivalence officiels sur Canada.ca avant de soumettre votre demande.

Ai-je besoin d'une preuve de langue si j'ai 57 ans ?

Non. L'exigence linguistique de la citoyenneté ne s'applique qu'aux demandeurs de 18 à 54 ans. À 57 ans, vous êtes exempté de la preuve de langue, tout comme du test de connaissances sur le Canada, qui vise la même tranche d'âge. Vous devez évidemment continuer de remplir les autres conditions : statut de résident permanent, présence physique de 1 095 jours dans les 5 dernières années, déclarations de revenus lorsque requis. L'âge pris en compte est celui au moment de la demande, et les règles à jour figurent sur Canada.ca.

Mes enfants mineurs doivent-ils prouver leur niveau de langue ?

Non. Les demandeurs de moins de 18 ans sont exemptés de la preuve de langue, ainsi que du test de citoyenneté. Une famille qui dépose une demande groupée n'a donc de preuves linguistiques à fournir que pour les membres âgés de 18 à 54 ans. C'est un soulagement pratique et financier pour bien des familles, notamment celles dont les enfants sont scolarisés au Canada et parlent déjà couramment la langue sans détenir le moindre document pour le prouver. Les exigences propres aux mineurs sont détaillées sur la page officielle de la citoyenneté sur Canada.ca.

Mon diplôme universitaire obtenu à l'étranger peut-il servir de preuve de langue ?

Oui, à condition que le programme ait été enseigné en français ou en anglais et que votre document le démontre selon les critères d'IRCC. Un diplôme ou un relevé de notes d'études secondaires ou postsecondaires, au Canada comme à l'étranger, fait partie des preuves acceptées. Si la langue d'enseignement n'apparaît pas clairement sur le document, demandez une attestation à votre établissement, souvent un simple courriel au registraire suffit. Un diplôme d'un programme enseigné dans une autre langue ne peut en revanche pas servir, même accompagné d'une traduction.

Je n'ai aucun document : dois-je obligatoirement payer un test ?

Pas nécessairement. Explorez d'abord les options gratuites : les attestations des cours LINC ou CLIC, si vous en avez suivi, prouvent le niveau atteint et sont recevables ; sinon, l'inscription à ces cours gratuits financés par IRCC peut à la fois vous faire progresser et générer l'attestation du niveau 4 à l'oral. Si vous préférez la voie rapide du test, budgétez environ 295 $ pour le CELPIP, 320 à 410 $ pour l'IELTS ou 300 à 450 $ pour le TEF ou TCF selon le centre, et concentrez votre préparation sur les compétences orales, les seules qui comptent pour la citoyenneté.

La preuve de langue remplace-t-elle le test de citoyenneté ?

Non, ce sont deux exigences distinctes qui s'additionnent pour les 18-54 ans. La preuve de langue démontre, documents à l'appui, un niveau NCLC ou CLB 4 à l'oral. Le test de citoyenneté évalue vos connaissances du Canada : 20 questions, 15 bonnes réponses requises, passation en ligne généralisée. Vous devez satisfaire aux deux, en plus des autres conditions comme la présence physique et les déclarations de revenus. Préparez-les séparément : les documents de langue se rassemblent tôt dans le montage du dossier, le test de connaissances se révise avec le guide d'étude officiel avant la convocation.

Sources officielles

La page de référence du gouvernement du Canada sur l'admissibilité à la citoyenneté, qui détaille l'exigence linguistique, les preuves acceptées et les exemptions d'âge, se trouve ici : https://www.canada.ca/en/immigration-refugees-citizenship/services/canadian-citizenship/become-canadian-citizen/eligibility.html, et le portail général de la citoyenneté canadienne est accessible ici : https://www.canada.ca/en/immigration-refugees-citizenship/services/canadian-citizenship.html. Les listes de tests approuvés, les tableaux d'équivalence et les critères documentaires évoluent : seules les pages officielles de Canada.ca font foi au moment de préparer votre demande.

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