Réponse directe
Le serment de citoyenneté est la toute dernière étape du parcours : une fois votre demande approuvée, IRCC vous convoque à une cérémonie, en ligne par vidéoconférence ou en personne, au cours de laquelle vous répétez le serment (ou une affirmation solennelle sans référence religieuse) dans l'une des deux langues officielles, ou les deux. C'est à cet instant précis que vous devenez légalement citoyen canadien : vous recevez votre certificat de citoyenneté, vous remettez votre carte de résident permanent, et l'obligation de résidence de 730 jours cesse de s'appliquer. Les personnes de moins de 14 ans deviennent en général citoyennes sans prêter serment. Le déroulement exact et les documents exigés sont décrits sur Canada.ca, qui seule fait foi.
La dernière étape d'un long parcours
Si vous lisez ces lignes, il y a de bonnes chances que vous soyez tout près du but, et j'en suis sincèrement heureuse pour vous. Le serment de citoyenneté, c'est le point final d'un chemin qui a commencé bien avant : la résidence permanente, les 1 095 jours de présence physique à accumuler, la demande, le test de citoyenneté et ses 20 questions dont il faut réussir 15, la preuve de langue. Tout cela est derrière vous, ou presque.
Avant d'aller plus loin, ma précision habituelle, parce qu'elle compte : je suis rédactrice indépendante, ni avocate ni consultante réglementée en immigration. Ce que je vous offre ici, c'est un récit structuré de ce qui vous attend, construit à partir de mes recherches et des témoignages que des lecteurs m'ont partagés au fil des années. Pour toute décision, la référence reste Canada.ca. Si vous n'en êtes pas encore là et que vous voulez comprendre le parcours complet, commencez par mon guide sur la façon de devenir citoyen canadien.
De la demande approuvée à la convocation
Reprenons la chronologie. Après le dépôt de votre demande, IRCC vérifie votre dossier, vous convoque au test si vous avez entre 18 et 54 ans, puis un agent prend la décision. Quand la décision est favorable, votre demande passe au statut « approuvée »... mais vous n'êtes pas encore citoyen. Il manque l'acte juridique final : la prestation du serment. Combien de temps entre les deux ? Je vous donne des fourchettes constatées en 2026, qui ne sont pas des engagements officiels : la convocation arrive généralement 4 à 12 semaines après le test, le passage au statut « Décision prise » précédant l'invitation d'à peu près autant. Du test au serment, comptez le plus souvent 2 à 4 mois, avec des dossiers bouclés en 6 à 8 semaines et d'autres qui s'étirent jusqu'à 6 à 8 mois selon la ville et la capacité du bureau local. Rien de tout cela n'est garanti, et il n'existe aucun moyen officiel de faire accélérer une cérémonie : ne planifiez donc rien d'irréversible avant d'avoir reçu votre convocation.
La convocation arrive en général par courriel, parfois par la poste, et elle précise tout : la date, l'heure, le format (vidéoconférence ou en personne), le lien de connexion ou l'adresse, ainsi que la liste des documents à préparer. Lisez-la deux fois plutôt qu'une. Un lecteur m'a raconté avoir failli manquer sa cérémonie parce que le courriel d'IRCC avait atterri dans ses indésirables : surveillez ce dossier chaque semaine dès que votre demande est approuvée.
Ce que la convocation vous demande de faire
La convocation n'est pas qu'une invitation, c'est aussi une liste de devoirs. On vous demandera de confirmer votre présence, de préparer certains documents originaux, de remplir parfois un formulaire de dernière minute attestant que votre situation n'a pas changé depuis l'approbation (démêlés judiciaires, longues absences du Canada, etc.). Répondez dans les délais indiqués : une convocation ignorée peut retarder votre dossier, et des absences répétées sans explication peuvent, dans le pire des cas, mener à la fermeture de la demande.
Qui doit prêter serment, et qui en est dispensé
Tout le monde ne prête pas serment, et c'est une source de confusion fréquente dans les familles qui déposent une demande groupée. Clarifions.
La règle d'âge : à partir de 14 ans
La règle est nette : les personnes de 14 ans et plus doivent assister à la cérémonie et prêter le serment de citoyenneté, en personne ou par vidéoconférence. Une nuance existe toutefois pour les 14 à 17 ans, et elle est utile à connaître : ils peuvent demander une dispense du serment lui-même, mais pas de la cérémonie. L'adolescent dispensé est donc convoqué et présent, il ne prononce simplement pas la formule. Concrètement, si votre adolescent de 15 ans figure dans votre demande, il sera convoqué comme vous et répétera le serment à vos côtés. Beaucoup de familles trouvent ce moment particulièrement émouvant, et je les comprends.
Les enfants plus jeunes
Les enfants de moins de 14 ans inclus dans la demande deviennent citoyens sans prêter serment : la décision qui vous accorde la citoyenneté produit ses effets pour eux lors de la même attribution, et ils reçoivent leur propre certificat de citoyenneté. Rien ne les empêche d'assister à la cérémonie, au contraire : les juges de la citoyenneté aiment saluer les enfants présents, et la photo de famille devant le drapeau restera un souvenir. Si votre situation familiale est particulière (garde partagée, enfant né à l'étranger d'un parent canadien), les règles d'attribution peuvent différer : j'en parle dans mon article sur la vérification de la citoyenneté.
Un cas à part : ceux qui sont déjà citoyens sans le savoir
Petit détour utile. Certaines personnes découvrent en préparant leur demande qu'elles sont peut-être déjà citoyennes, par filiation notamment, surtout depuis les changements législatifs récents sur la citoyenneté par filiation. Si c'est votre cas, vous n'avez pas à prêter serment : on ne devient pas citoyen deux fois. La démarche appropriée est alors une preuve de citoyenneté, pas une demande d'attribution. Avant de payer des frais inutiles, faites le point avec l'outil officiel « Suis-je citoyen canadien ? » sur Canada.ca.
Cérémonie en ligne ou en personne : les deux formats
Depuis la pandémie, la cérémonie par vidéoconférence s'est généralisée, au point de devenir le format le plus courant pour de nombreux dossiers. Les cérémonies en personne n'ont pas disparu pour autant, et elles ont même retrouvé des couleurs, notamment lors d'événements spéciaux. Voyons ce que chaque format implique.
La cérémonie par vidéoconférence
Vous recevez un lien de connexion, des instructions techniques et une heure de convocation. Le jour venu, vous vous connectez depuis chez vous, caméra allumée, documents à portée de main. Un agent vérifie votre identité à l'écran, souvent en vous demandant de présenter vos pièces face à la caméra. Ensuite, la cérémonie proprement dite se déroule comme en salle : mot de bienvenue, allocution, prestation du serment que vous répétez à voix haute face à votre caméra, hymne national.
Quelques conseils pratiques tirés des témoignages que je reçois : testez votre connexion et votre micro la veille, prévoyez un fond neutre et un endroit calme, gardez votre téléphone chargé en secours, et bloquez une plage horaire large, car les cérémonies virtuelles regroupent parfois de nombreux participants et les vérifications d'identité prennent du temps. Ce n'est pas une visioconférence de travail qu'on peut quitter discrètement : votre présence à l'écran est requise du début à la fin.
La cérémonie en personne
La version en salle a un charme que l'écran ne remplace pas. Elle se tient dans un bureau d'IRCC, une salle communautaire, parfois un lieu symbolique (musée, salle de spectacle, site historique) lors de cérémonies spéciales, notamment autour de la fête du Canada. Vous y côtoyez des dizaines d'autres candidats venus du monde entier, et l'émotion collective au moment du serment est réelle. Plusieurs lecteurs m'ont écrit que c'était l'un des plus beaux jours de leur vie au Canada, au même titre que leur arrivée.
Peut-on choisir son format ?
En pratique, c'est IRCC qui vous assigne un format et une date en fonction de votre dossier et des disponibilités. La convocation indique parfois une procédure pour demander un changement, par exemple si vous préférez une cérémonie en personne ou si le format proposé vous pose une difficulté réelle (accessibilité, connexion Internet insuffisante). Formulez la demande tôt, poliment, et avec un motif concret : ces ajustements existent, mais ils ne sont ni automatiques ni garantis.
Le déroulé type, minute par minute
Chaque cérémonie a sa personnalité, mais la trame reste étonnamment constante d'un océan à l'autre. La voici, pour que vous sachiez à quoi vous attendre.
L'accueil et la vérification des documents
Tout commence par l'enregistrement. En personne, vous faites la file, on coche votre nom, on vérifie vos pièces d'identité et on recueille les documents à remettre, dont votre carte de résident permanent. En ligne, cette étape se fait individuellement à l'écran avant le début officiel. C'est aussi le moment où l'on vous remet ou confirme les derniers formulaires. Prévoyez d'arriver en avance, l'enregistrement est la partie la plus longue de la journée.
L'allocution du juge de la citoyenneté
La cérémonie est présidée par un juge de la citoyenneté ou un fonctionnaire désigné pour ce rôle. Son allocution donne le ton : on vous y parle de l'histoire du pays, des droits et des responsabilités qui viennent avec la citoyenneté, des peuples autochtones et de la diversité des parcours réunis dans la salle. Le ton est solennel sans être froid. J'ai souvent entendu dire que les juges glissent une touche personnelle, un mot d'humour, un souvenir de leur propre famille immigrante. L'ambiance est bienveillante : personne n'est là pour vous piéger, tout le monde est là pour vous accueillir.
La prestation du serment, l'hymne et les félicitations
Vient le moment central. Debout, la main droite levée si on vous y invite, vous répétez le serment après le juge, phrase par phrase, en français, en anglais, ou dans les deux langues successivement, ce qui est fréquent et encouragé. Certains participants tiennent un texte sacré pour prêter serment, d'autres choisissent l'affirmation solennelle : les deux ont exactement la même valeur. La cérémonie se conclut par l'hymne national, souvent chanté dans les deux langues, puis par les félicitations et, en personne, la remise des certificats et parfois une poignée de main avec le juge. Les larmes sont permises, et courantes.
Les documents à apporter ou à préparer
Voici la liste standard, étant entendu que votre convocation reste la référence si elle demande autre chose : l'avis de convocation lui-même, le Notice to Appear, imprimé ou présenté en version numérique nette ; votre carte de résident permanent, même expirée ; deux pièces d'identité avec photo délivrées par un gouvernement, la combinaison passeport et permis de conduire étant la plus courante ; tout document supplémentaire expressément demandé dans l'avis ; et un stylo, car vous aurez à signer. Pour une cérémonie virtuelle, ajoutez un appareil chargé, avec caméra et micro fonctionnels, testés la veille.
La carte de résident permanent, à remettre
Le geste le plus symbolique de la journée, après le serment lui-même : vous remettez votre carte de résident permanent, et j'insiste sur un point que beaucoup ratent, apportez-la même si elle est expirée. C'est précisément l'échange qui se joue à la cérémonie : vous rendez la carte, vous recevez le certificat, et c'est le moment où votre statut change formellement. En cérémonie virtuelle, on vous expliquera comment la retourner, souvent par la poste après coup. Si la carte est introuvable, la cérémonie n'est pas bloquée : vous pourrez y assister en signant une déclaration, mais signalez la perte à l'avance plutôt que le matin même.
Un corollaire pratique qui surprend : une carte de résident permanent expirée ne vous permet plus de voyager après la cérémonie, puisqu'elle est remise et que vous n'êtes plus résident permanent. Votre couple de documents devient le certificat de citoyenneté et, dès que possible, le passeport canadien. Si un voyage est prévu peu après la cérémonie, planifiez la demande de passeport en conséquence.
La confirmation de résidence permanente et vos pièces d'identité
Préparez également votre confirmation de résidence permanente (le fameux COPR, ce document reçu au moment de votre admission comme résident permanent), ainsi que deux pièces d'identité avec photo délivrées par un gouvernement : en pratique, le passeport ou titre de voyage accompagné du permis de conduire provincial est la combinaison la plus courante. La convocation précise le nombre et le type de pièces attendues, et prime en cas de différence. Mon conseil d'organisation : réunissez tout dans une pochette dédiée une semaine avant, vérifiez les dates d'expiration, et faites des copies. Le matin d'une cérémonie n'est pas le moment de retourner la maison à la recherche d'un document.
Le texte du serment : ce que vous allez dire
Beaucoup de futurs citoyens découvrent le texte du serment le jour même. Je vous suggère plutôt de le lire à l'avance, tranquillement : les mots ont du poids, autant les comprendre avant de les prononcer.
L'allégeance au Roi du Canada
Le serment comporte une promesse de fidélité et de sincère allégeance au souverain du Canada, aujourd'hui le Roi, ainsi qu'à ses héritiers et successeurs. Cette formulation surprend parfois les candidats venus de républiques : rappelez-vous que le Canada est une monarchie constitutionnelle et que cette allégeance s'adresse à l'institution qui incarne l'État canadien, dans le cadre défini par la Constitution. Les tribunaux canadiens se sont d'ailleurs penchés sur cette question et ont confirmé la portée institutionnelle, et non personnelle, de cette promesse.
Les lois du Canada et les traités avec les peuples autochtones
Le serment inclut aussi l'engagement d'observer fidèlement les lois du Canada. Depuis une modification relativement récente, cette portion mentionne également la Constitution, qui reconnaît et confirme les droits ancestraux et issus de traités des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Cet ajout fait suite à un appel à l'action de la Commission de vérité et réconciliation. Je vous encourage à lire le libellé exact en vigueur sur Canada.ca avant votre cérémonie, car c'est celui-là que vous répéterez. Prenez le temps de comprendre ce qu'il signifie : c'est une belle porte d'entrée vers l'histoire des peuples autochtones, souvent évoquée dans l'allocution du juge.
Serment ou affirmation solennelle : à vous de choisir
Si la référence religieuse du mot « jurer » ne vous convient pas, vous pouvez faire une affirmation solennelle : le texte remplace la formule du serment par une déclaration sans dimension religieuse, avec exactement la même valeur juridique. Personne ne vous demandera de justifier votre choix. Dans les cérémonies collectives, juges et agents énoncent généralement les deux formules, et chacun répète celle qui lui correspond. Vous pouvez aussi apporter un livre sacré si vous souhaitez prêter serment sur celui-ci ; c'est une possibilité, jamais une obligation.
Ce qui change juridiquement ce jour-là
C'est la partie que je trouve la plus fascinante, parce qu'elle est méconnue : la cérémonie n'est pas qu'un rituel, c'est un acte juridique aux effets immédiats.
Citoyen à l'instant de la prestation
Vous devenez citoyen canadien au moment où vous prêtez le serment (ou faites l'affirmation), pas au moment de l'approbation de votre demande, ni à la réception du certificat. C'est pour cela qu'IRCC insiste tant sur la présence à la cérémonie : sans prestation du serment, pas de citoyenneté, même avec un dossier approuvé. À partir de cette minute, vous jouissez de tous les droits attachés à la citoyenneté, dont le droit de vote et celui de demander un passeport canadien, et vous en portez aussi les responsabilités.
Le certificat de citoyenneté, votre nouvelle preuve
Après la prestation du serment, vous recevez votre certificat de citoyenneté, le document officiel qui prouve votre statut. La remise dépend du format : en présentiel, le certificat vous est remis immédiatement, à la cérémonie. Après une cérémonie virtuelle, il est envoyé par la poste, comptez 2 à 4 semaines, et un certificat électronique apparaît en général dans votre portail IRCC sous environ 5 jours ouvrables, ce qui vous évite d'attendre le papier pour entamer vos démarches. Vérifiez soigneusement les informations qui y figurent, orthographe des noms, dates, lieu de naissance : une demande de correction se fait dans les 90 jours, alors ne rangez pas le document sans l'avoir relu. Ce certificat n'est pas une pièce de voyage : pour franchir les frontières, il vous faudra un passeport. Conservez-le précieusement, numérisez-le, et rangez l'original en lieu sûr : vous en aurez besoin toute votre vie.
La fin du statut de résident permanent
Effet mécanique et souvent ignoré : votre statut de résident permanent s'éteint à l'instant où vous devenez citoyen. Conséquence libératrice : l'obligation de résidence des résidents permanents, ces 730 jours de présence à maintenir sur toute période de 5 ans, cesse définitivement de s'appliquer. Un citoyen canadien peut vivre à l'étranger dix ans et revenir sans jamais perdre son statut. Pour ceux qui ont passé des années à compter leurs jours, d'abord pour la présence physique exigée pour la citoyenneté, ensuite pour l'obligation de résidence, c'est la fin officielle du calcul. Rangez le tableur, vous ne compterez plus jamais.
Vos premières démarches de nouveau citoyen
La cérémonie terminée, une courte liste de démarches vous attend. Rien d'urgent au point de gâcher la fête, mais autant les connaître.
Demander votre passeport canadien
C'est la démarche numéro un pour la plupart des nouveaux citoyens. Le passeport canadien pour adulte coûte 122,50 $ pour une validité de 5 ans ou 163,50 $ pour 10 ans, et le délai courant est d'environ 20 jours ouvrables pour une demande en personne ou par la poste, hors périodes de pointe. Vous aurez besoin de votre certificat de citoyenneté, d'un répondant et de photos conformes. Mon conseil : si vous avez un voyage prévu, attendez d'avoir le passeport canadien en main avant d'acheter des billets, et sachez que voyager avec votre ancien passeport peut poser problème à la frontière canadienne, car les citoyens canadiens doivent en principe entrer au Canada avec un document canadien.
Vous inscrire pour voter
Nouveau droit, nouveau réflexe : vérifiez votre inscription sur la liste électorale auprès d'Élections Canada, en ligne en quelques minutes. Vous pourrez voter aux élections fédérales, et, selon les règles de votre province et de votre municipalité, aux scrutins provinciaux et municipaux. Beaucoup de nouveaux citoyens me disent que leur premier vote a été aussi émouvant que la cérémonie elle-même. Profitez-en aussi pour découvrir le fonctionnement du système parlementaire si le test de citoyenneté ne vous en a pas déjà donné le goût.
Mettre à jour votre NAS et vos documents
Pensez enfin à faire mettre à jour votre dossier de numéro d'assurance sociale auprès de Service Canada, pour que votre statut de citoyen y soit reflété, notamment si votre NAS était auparavant lié à un statut temporaire ou permanent. Selon votre situation, d'autres mises à jour suivront : permis de conduire, assurance maladie provinciale, dossiers d'employeur, institutions financières. Et si votre pays d'origine ne reconnaît pas la double citoyenneté, renseignez-vous sérieusement sur les conséquences de votre nouvelle nationalité. J'ai consacré un article complet à toutes ces démarches d'après : après la citoyenneté canadienne, qui prend le relais exactement là où celui-ci s'arrête.
Questions pratiques : report, invités, tenue
Terminons par les questions terre-à-terre qu'on n'ose pas toujours poser.
Reporter une cérémonie : possible, mais encadré
Un empêchement sérieux (maladie, deuil, obligation professionnelle impérieuse, voyage impossible à déplacer) peut justifier un report. La marche à suivre figure dans votre convocation : en pratique, vous répondez à l'avis de convocation depuis votre compte IRCC en expliquant votre motif, et une à trois dates de rechange vous sont proposées. Un report bien motivé est habituellement accordé, mais gardez en tête qu'il n'existe aucun moyen officiel d'accélérer une cérémonie et que les reports répétés vous font reculer dans la file : n'utilisez cette option que lorsqu'elle est vraiment nécessaire. Ce qu'il faut éviter à tout prix : ne pas vous présenter sans prévenir. Des absences non expliquées peuvent conduire IRCC à considérer la demande comme abandonnée, et personne ne veut rejouer tout le processus pour une négligence de calendrier.
Inviter des proches
Aux cérémonies en personne, les invités sont généralement les bienvenus, dans la limite des places disponibles : la pratique courante tourne autour de deux invités par nouveau citoyen, et votre convocation précisera ce qui s'applique à votre salle. Les enfants sont admis et souvent choyés. En vidéoconférence, rien n'empêche votre famille d'être à vos côtés hors champ, et bien des foyers transforment le salon en salle de cérémonie, drapeau en toile de fond inclus. Photos et captures d'écran sont habituellement permises aux moments prévus ; suivez simplement les consignes données le jour même.
La tenue et l'attitude
Aucun code vestimentaire officiel, mais l'usage est clair : une tenue soignée, comme pour un entretien ou une célébration familiale. Beaucoup de participants portent des vêtements traditionnels de leur culture d'origine, et c'est magnifique : la cérémonie célèbre précisément cette rencontre entre votre histoire et votre nouveau pays. Côté attitude, soyez ponctuel, coupez votre téléphone, répondez clairement lors des vérifications, et savourez. Un lecteur m'a écrit qu'il avait passé sa cérémonie à retenir ses larmes en pensant à ses parents restés au pays. Vous avez le droit d'être ému : tout le monde dans la salle l'est un peu.
Foire aux questions
Combien de temps après l'approbation reçoit-on la convocation à la cérémonie ?
Il n'existe pas de délai garanti, mais les fourchettes constatées en 2026 donnent des repères : la convocation arrive généralement 4 à 12 semaines après le test, et l'on compte le plus souvent 2 à 4 mois entre le test et le serment, avec des dossiers en 6 à 8 semaines et d'autres jusqu'à 6 à 8 mois selon la ville et la capacité du bureau local. Ces chiffres ne sont pas officiels et ne constituent aucun engagement. Plutôt que de comparer votre situation aux forums, fiez-vous à l'outil de vérification de l'état de la demande et aux délais publiés par IRCC. Si l'attente vous semble anormalement longue par rapport aux délais affichés, vous pouvez contacter IRCC par les canaux officiels. Et surveillez vos courriels, dossier indésirable compris : la convocation arrive souvent par voie électronique.
Peut-on choisir entre la cérémonie en ligne et la cérémonie en personne ?
Le format est d'abord assigné par IRCC, en fonction de votre dossier et des disponibilités locales. La vidéoconférence est devenue très courante depuis la pandémie, mais des cérémonies en personne continuent d'être organisées. Si le format proposé vous pose une vraie difficulté, ou si assister en personne compte beaucoup pour vous, la convocation indique généralement comment formuler une demande de changement, motif à l'appui. Ces demandes sont examinées au cas par cas et ne sont pas garanties. Ce qui compte juridiquement, c'est la prestation du serment : elle a la même valeur à l'écran qu'en salle.
Que se passe-t-il si je manque ma cérémonie ?
Si vous savez à l'avance que vous ne pourrez pas être présent, avisez IRCC immédiatement par le canal indiqué dans votre convocation, en expliquant votre empêchement : un report est en général possible pour un motif sérieux, et une nouvelle date vous sera proposée. Si vous manquez la cérémonie sans prévenir, IRCC tentera normalement de vous reconvoquer, mais des absences répétées sans explication peuvent mener au traitement de votre demande comme abandonnée, ce qui vous obligerait à recommencer. La règle d'or tient en un mot : communiquez, tôt et par écrit, et conservez une trace de vos échanges.
Dois-je vraiment rendre ma carte de résident permanent ?
Oui. La remise de la carte RP fait partie du processus, parce que votre statut de résident permanent prend fin au moment où vous devenez citoyen : conserver une carte RP valide n'aurait plus de sens et pourrait créer de la confusion aux frontières. En cérémonie en personne, la carte est recueillie lors de l'enregistrement. En vidéoconférence, on vous donnera des instructions pour la retourner ou la détruire. Si vous l'avez perdue, signalez-le simplement : cela n'empêche pas de prêter serment. Après la cérémonie, votre preuve de statut devient le certificat de citoyenneté, puis votre passeport canadien pour les voyages.
Puis-je faire une affirmation solennelle au lieu de jurer ?
Absolument, et c'est un droit sans condition. L'affirmation solennelle remplace la formule religieuse du serment par une déclaration neutre, avec exactement la même valeur juridique : vous devenez citoyen au même instant, avec les mêmes droits. Personne ne vous demandera de justifier votre choix, et dans les cérémonies collectives les deux formules sont énoncées pour que chacun répète celle qui lui convient. À l'inverse, si vous souhaitez prêter serment sur un livre sacré, vous pouvez généralement en apporter un. Le texte exact en vigueur, dans ses deux versions, figure sur Canada.ca : lisez-le avant le grand jour.
Quand puis-je demander mon passeport canadien après la cérémonie ?
Dès que vous détenez votre certificat de citoyenneté, qui est la pièce maîtresse du dossier de passeport. Comptez ensuite les frais de 122,50 $ pour un passeport adulte de 5 ans ou de 163,50 $ pour 10 ans, et un délai courant d'environ 20 jours ouvrables pour une demande en personne ou par la poste, davantage en période de pointe ou en cas de dossier incomplet. Il vous faudra aussi un répondant et des photos conformes. Mon conseil pratique : ne réservez pas de voyage international avant d'avoir le passeport en main, et faites la demande rapidement, pendant que votre certificat est encore tout neuf dans votre pochette.
Sources officielles
La page de référence du gouvernement du Canada sur la cérémonie et le serment de citoyenneté, avec le texte officiel du serment et les consignes pour les participants, se trouve ici : https://www.canada.ca/en/immigration-refugees-citizenship/services/canadian-citizenship/ceremony.html. Pour situer cette étape dans l'ensemble du processus, la page générale sur la citoyenneté canadienne est également utile : https://www.canada.ca/en/immigration-refugees-citizenship/services/canadian-citizenship.html. Les modalités des cérémonies, les documents exigés et les formats offerts évoluent : avant votre grand jour, vérifiez toujours l'information à jour sur ces pages officielles, qui seules font foi.
