Réponse directe

Le permis de travail ouvert est une autorisation de travail qui vous permet de travailler pour presque n'importe quel employeur au Canada, sans offre d'emploi préalable et sans étude d'impact sur le marché du travail (EIMT). Il s'oppose au permis fermé, lié à un seul employeur. Les principaux profils admissibles sont les époux et conjoints de certains travailleurs ou étudiants étrangers, les diplômés d'établissements canadiens via le permis de travail postdiplôme, certains demandeurs de résidence permanente, les jeunes participant à Expérience internationale Canada et les travailleurs en situation de vulnérabilité. La demande se fait en ligne auprès d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Les conditions d'admissibilité évoluent régulièrement, alors vérifiez toujours les critères à jour sur Canada.ca avant de déposer votre dossier.

Ce qu'est un permis de travail ouvert, concrètement

Quand j'ai commencé à m'intéresser à l'immigration canadienne, j'ai mis du temps à comprendre qu'il n'existe pas un seul type de permis de travail au Canada, mais toute une famille de documents aux logiques très différentes. Le permis de travail ouvert est sans doute le plus convoité de tous, et pour une raison simple : il vous donne une liberté que les autres permis n'offrent pas.

Avant d'aller plus loin, une précision qui me tient à cœur : je suis rédactrice indépendante, pas avocate ni consultante réglementée en immigration. Ce que je partage ici, c'est le fruit de mes recherches et de témoignages recueillis au fil des années, pour vous aider à comprendre les grandes lignes. Pour votre situation personnelle, la source qui fait foi reste Canada.ca, et au besoin un professionnel autorisé.

Travailler pour presque n'importe quel employeur

La caractéristique centrale du permis ouvert, c'est qu'il n'est pas rattaché à un employeur précis. Avec un permis fermé, votre autorisation de travail mentionne le nom de votre employeur, souvent votre poste et votre lieu de travail. Si vous voulez changer d'entreprise, il faut refaire une démarche. Avec un permis ouvert, rien de tout cela : vous pouvez accepter un emploi à Montréal, démissionner six mois plus tard, enchaîner sur un contrat à Vancouver, cumuler deux temps partiels ou travailler pour une petite entreprise familiale comme pour une multinationale. Cette souplesse change tout au quotidien. Elle vous permet de négocier votre salaire sans craindre de perdre votre statut, de quitter un environnement de travail toxique, ou simplement de suivre les opportunités là où elles se présentent.

Pas d'EIMT, et pourquoi c'est un avantage énorme

L'autre grande force du permis ouvert, c'est qu'il dispense l'employeur de l'étude d'impact sur le marché du travail, que vous verrez souvent sous son sigle EIMT (ou LMIA en anglais). Pour un permis fermé classique, l'employeur doit généralement démontrer au gouvernement qu'aucun Canadien ou résident permanent n'était disponible pour le poste. C'est une démarche longue, coûteuse et incertaine, que beaucoup de petites entreprises refusent d'entreprendre. Résultat : de nombreux candidats à l'emploi se heurtent à un mur, non pas parce qu'ils manquent de compétences, mais parce que l'employeur ne veut pas s'engager dans la paperasse.

Avec un permis ouvert, ce problème disparaît. Vous vous présentez devant un employeur avec une autorisation de travail déjà en poche. Pour lui, vous embaucher est aussi simple que d'embaucher un résident permanent, à quelques vérifications près. Croyez-moi, sur un CV, cette mention fait une vraie différence. Si vous voulez comprendre en détail la mécanique de l'EIMT et des permis fermés, je vous renvoie à mon guide complet sur le permis de travail au Canada, qui pose toutes les bases.

Les limites : employeurs non conformes et secteurs exclus

Attention toutefois, "ouvert" ne veut pas dire "sans aucune restriction". Deux garde-fous existent. D'abord, vous ne pouvez pas travailler pour un employeur figurant sur la liste des employeurs jugés non conformes, une liste publique tenue par le gouvernement qui recense les entreprises ayant enfreint les règles du programme des travailleurs étrangers. Ensuite, certains secteurs sensibles restent interdits, notamment les entreprises liées à des services de nature sexuelle (danse érotique, services d'escorte, massages érotiques). Certains permis ouverts peuvent aussi comporter des restrictions liées à votre situation médicale : si vous n'avez pas passé d'examen médical d'immigration, votre permis peut exclure les emplois en contact étroit avec le public dans la santé, la garde d'enfants ou l'enseignement primaire. Rien d'insurmontable, mais il faut le savoir avant de postuler dans ces domaines.

Qui peut obtenir un permis de travail ouvert

C'est ici que les choses se corsent, car on ne demande pas un permis ouvert "parce qu'on en a envie". Il faut appartenir à l'une des catégories admissibles, et ces catégories sont régulièrement ajustées par le gouvernement. Ces dernières années, certaines ont été élargies puis resserrées, parfois en quelques mois. Je vous décris donc les grandes familles de candidats, en vous invitant fortement à vérifier les conditions exactes en vigueur au moment de votre demande.

Les époux et conjoints de travailleurs étrangers

Historiquement, c'est l'une des voies les plus empruntées. Si votre époux ou votre conjoint de fait travaille au Canada avec un permis de travail, vous pouvez, dans certaines situations, obtenir un permis ouvert pour l'accompagner. L'idée est belle : permettre aux familles de rester unies sans condamner l'un des deux à l'inactivité. Dans la pratique, l'admissibilité dépend de plusieurs facteurs, notamment le type d'emploi occupé par votre conjoint, le niveau de qualification de son poste et la durée restante de son permis. Les critères ont été resserrés récemment et ne couvrent plus toutes les situations qui étaient admissibles auparavant. Avant de bâtir un projet familial sur cette option, vérifiez précisément si le poste de votre conjoint ouvre encore ce droit.

Les époux et conjoints d'étudiants internationaux

Même logique pour les conjoints d'étudiants étrangers : un permis ouvert a longtemps été accessible au conjoint d'une personne inscrite à temps plein dans un établissement canadien. Les règles se sont nettement resserrées : depuis le 19 mars 2024, ce permis est réservé aux conjoints d'étudiants inscrits en maîtrise, au doctorat ou dans certains programmes professionnels. Si vous êtes dans cette situation, prenez le temps de lire la page officielle correspondante sur Canada.ca, car une demande déposée sur la base de critères périmés est une demande refusée, avec les frais perdus qui vont avec.

Les diplômés : le permis de travail postdiplôme

Le permis de travail postdiplôme, que vous croiserez souvent sous son sigle anglais PGWP (Post-Graduation Work Permit), est probablement le permis ouvert le plus connu. Il s'adresse aux étudiants étrangers qui viennent de terminer un programme admissible dans un établissement d'enseignement désigné au Canada. Sa durée est alignée sur la longueur des études effectuées, avec un maximum de 3 ans, et les diplômés de maîtrise obtiennent un permis de 3 ans même pour un programme de moins de 2 ans, à condition d'avoir étudié au moins 8 mois dans un établissement désigné. Il n'est délivré qu'une seule fois dans une vie : c'est un point crucial que beaucoup découvrent trop tard.

Ce qui rend le PGWP si précieux, c'est qu'il constitue un pont naturel entre les études et l'immigration permanente. L'expérience de travail canadienne acquise avec ce permis compte parmi les atouts les plus valorisés dans les programmes d'immigration économique, notamment dans le système Entrée express. Attention cependant : les critères d'admissibilité au PGWP ont beaucoup bougé. En 2026, une exigence de domaine d'études s'applique aux certificats et diplômes collégiaux, mais pas aux baccalauréats, maîtrises et doctorats. Et depuis le 1er novembre 2024, une preuve de langue est exigée : niveau CLB 7 pour les diplômés universitaires, CLB 5 pour les diplômés collégiaux. Si vous envisagez des études au Canada avec l'idée de rester travailler ensuite, vérifiez sur la page officielle du PGWP, avant même de choisir votre programme, qu'il donne bien droit au permis postdiplôme.

Les demandeurs de résidence permanente

Certaines personnes qui ont déjà déposé une demande de résidence permanente au Canada peuvent obtenir un permis de travail ouvert pour continuer à travailler pendant le traitement de leur dossier. C'est ce qu'on appelle souvent le permis de travail ouvert transitoire. Le scénario typique : vous travaillez au Canada, votre permis actuel approche de son échéance, votre demande de résidence permanente est en cours d'examen à une étape suffisamment avancée, et ce permis transitoire vous évite de vous retrouver sans autorisation de travail au milieu du processus. Les conditions précises (programme d'immigration concerné, étape du traitement, statut au moment de la demande) sont techniques et évoluent, donc là encore, référez-vous à la page officielle. Certains programmes de parrainage familial ouvrent également l'accès à un permis ouvert pour la personne parrainée qui attend sa résidence depuis le Canada.

Les jeunes via Expérience internationale Canada

Si vous avez entre 18 et 35 ans (la fourchette exacte dépend de votre pays de citoyenneté), Expérience internationale Canada, ou EIC, est peut-être la porte d'entrée la plus accessible. Ce programme repose sur des accords bilatéraux entre le Canada et des dizaines de pays, dont la France et la Belgique. Sa catégorie la plus célèbre, le permis vacances-travail, souvent appelé PVT, est précisément un permis de travail ouvert : vous arrivez au Canada sans offre d'emploi et vous travaillez où bon vous semble, le temps de votre séjour.

Le fonctionnement est particulier : vous vous inscrivez dans un bassin de candidats, puis des invitations à présenter une demande sont envoyées au fil de rondes de tirage, en fonction des places disponibles pour votre pays. Pour certains pays très demandés, la sélection relève un peu de la loterie ; pour d'autres, presque tous les candidats finissent par être invités. J'ai consacré une section entière à l'EIC dans mon article sur les types de permis de travail au Canada, où je compare cette option aux autres voies possibles. Notez que les deux autres catégories d'EIC, Jeunes professionnels et Stage coop international, délivrent au contraire des permis fermés liés à un employeur : seul le volet vacances-travail est ouvert.

Les travailleurs vulnérables et les situations humanitaires

Il existe enfin une catégorie moins connue mais essentielle : le permis de travail ouvert pour travailleurs vulnérables. Il s'adresse aux personnes qui détiennent un permis fermé et qui subissent, ou risquent de subir, de la violence ou des abus dans le cadre de leur emploi : violence physique, psychologique, financière ou sexuelle, menaces liées au statut d'immigration, conditions de travail dangereuses imposées sous la contrainte. Ce permis permet de quitter rapidement l'employeur abusif sans perdre le droit de travailler au Canada. La demande est traitée en priorité et ne nécessite pas les frais habituels. Si vous êtes dans cette situation, sachez que demander de l'aide ne compromet pas votre avenir au Canada, bien au contraire : le dispositif existe précisément pour vous protéger. D'autres situations humanitaires, comme certaines demandes d'asile en cours ou des mesures spéciales pour des ressortissants de pays en crise, peuvent aussi donner accès à un permis ouvert selon les politiques en vigueur au moment de la demande.

Ce que le permis de travail ouvert ne permet pas

J'insiste sur cette section, parce que la confusion coûte cher. Un permis ouvert est une autorisation de travail, rien de plus. Voici ce qu'il ne fait pas.

Il ne vous dispense pas de respecter la liste des employeurs non conformes ni les exclusions sectorielles évoquées plus haut. Il ne remplace pas non plus les exigences propres à certaines professions : si vous voulez exercer comme infirmière, ingénieur ou enseignant, le permis ouvert vous autorise à travailler, mais c'est l'ordre professionnel de votre province qui décide si vous pouvez exercer cette profession réglementée. Beaucoup de nouveaux arrivants découvrent cette réalité avec amertume.

Le permis ouvert ne confère pas non plus de statut permanent. C'est un document temporaire, avec une date d'expiration, et sa possession ne garantit en rien l'obtention future de la résidence permanente. Il ne donne pas automatiquement le droit d'étudier dans un programme long : pour des études sérieuses, un permis d'études distinct reste généralement nécessaire. Il ne couvre pas non plus votre famille par défaut : chaque membre de la famille doit avoir son propre statut et ses propres documents.

Enfin, un permis ouvert ne vous suit pas hors des règles générales de l'immigration : si votre permis expire et que vous continuez à travailler, vous basculez dans la non-conformité, avec des conséquences potentiellement graves sur toutes vos démarches futures. La liberté qu'offre ce permis s'exerce à l'intérieur d'un cadre, jamais en dehors.

Comment faire la demande en ligne

Bonne nouvelle : la procédure est aujourd'hui presque entièrement numérique. Voici les grandes étapes, telles que je les décrirais à une amie qui se lance. Je reste volontairement qualitative, car les détails de l'interface et des formulaires changent régulièrement.

Vérifier son admissibilité avant tout

Première étape, et la plus importante : identifier la catégorie de permis ouvert qui correspond à votre situation, puis vérifier sur Canada.ca que vous en remplissez tous les critères à la date de votre demande. Je le répète parce que c'est la cause numéro un des refus évitables : les gens s'appuient sur des informations glanées dans des groupes Facebook ou des vidéos vieilles de deux ans, alors que les règles ont changé entre-temps. Le site officiel propose des questionnaires d'aide à la décision qui vous orientent vers le bon programme et la bonne liste de documents.

Rassembler ses documents

Selon votre catégorie, on vous demandera typiquement un passeport valide, des photos conformes aux normes, des preuves de votre lien avec la personne qui fonde votre admissibilité (certificat de mariage ou preuves de vie commune pour les conjoints, diplôme et relevés pour un permis postdiplôme, lettre d'invitation pour l'EIC), et parfois des preuves de fonds ou une assurance. Mon conseil de terrain : préparez des documents propres, lisibles, traduits par un traducteur agréé si l'original n'est ni en français ni en anglais, et nommez vos fichiers clairement. Un agent d'immigration qui comprend votre dossier du premier coup est un agent bien disposé.

Créer un compte et soumettre la demande

La demande se dépose via le portail en ligne d'IRCC, dans lequel vous créez un compte sécurisé. Vous remplissez les formulaires, téléversez vos documents, payez les frais puis soumettez le tout. En 2026, comptez 155 $ CA de frais de traitement par personne, non remboursables, plus 100 $ CA de frais de titulaire de permis de travail ouvert, soit 255 $ au total ; ce supplément de 100 $ est généralement remboursé automatiquement si la demande est refusée. Vérifiez les montants à jour sur la grille officielle des frais de canada.ca, qui fait foi. Prenez le temps de relire chaque champ : une incohérence entre votre formulaire et vos documents, même involontaire, peut être interprétée comme une fausse déclaration, et c'est l'un des reproches les plus graves en droit de l'immigration.

Biométrie, suivi et décision

Après la soumission, vous recevrez probablement une instruction pour fournir vos données biométriques (empreintes digitales et photo) dans un centre désigné, sauf si vous les avez déjà données récemment. Ensuite vient l'attente. Les délais varient énormément selon le programme, le pays de résidence et la période de l'année, alors fiez-vous à l'outil officiel de délais de traitement plutôt qu'aux moyennes citées dans les forums. Vous suivez l'avancement dans votre compte en ligne. Si vous avez fait votre demande depuis le Canada, vous bénéficiez dans bien des cas d'un statut conservé qui vous permet de continuer à travailler aux mêmes conditions pendant le traitement, à condition d'avoir déposé la demande avant l'expiration de votre permis actuel. C'est un filet de sécurité précieux, mais il obéit à des règles précises que je détaille dans le guide sur le permis de travail au Canada.

Les conditions inscrites sur le permis

Le jour où vous recevez votre permis, lisez-le. Vraiment. Chaque permis de travail, même ouvert, comporte des conditions imprimées noir sur blanc, et elles priment sur tout ce que vous avez pu lire ailleurs.

Vous y trouverez d'abord la date d'expiration, qui borne votre droit de travailler. Ensuite, d'éventuelles restrictions d'occupation : comme évoqué plus haut, l'absence d'examen médical peut entraîner une mention interdisant les emplois dans certains secteurs sensibles comme la santé ou la garde d'enfants. Certains permis précisent aussi que vous n'êtes pas autorisé à travailler pour les employeurs de la liste des non-conformes ou dans les secteurs exclus. Plus rarement, une restriction géographique peut apparaître selon le programme.

Le permis mentionne également si vous êtes autorisé à étudier de façon accessoire. Et il rappelle une évidence qu'on oublie parfois : le permis de travail n'est pas un visa. Selon votre nationalité, vous aurez besoin en parallèle d'un visa de résident temporaire ou d'une autorisation de voyage électronique pour entrer ou revenir au Canada. Les deux documents sont liés mais distincts, et l'expiration de l'un n'entraîne pas celle de l'autre.

Si vous constatez une erreur sur votre permis (nom mal orthographié, date incohérente, condition qui ne devrait pas s'y trouver), faites-la corriger rapidement plutôt que de vivre avec. Les démarches de correction existent et sont bien plus simples qu'une régularisation après coup.

Renouvellement et transition vers la résidence permanente

Prolonger son permis ouvert

Un permis ouvert se prolonge parfois, mais pas toujours. Tout dépend de la catégorie. Le permis vacances-travail de l'EIC, par exemple, a une durée fixe et ne se renouvelle généralement pas dans la même catégorie, même si certains candidats peuvent participer à une autre catégorie du programme. Le permis postdiplôme, lui, est délivré une seule fois : à son expiration, il faut basculer vers autre chose. Le permis de conjoint, en revanche, peut souvent être prolongé tant que la situation qui le justifie perdure, par exemple tant que le permis du conjoint principal est valide.

La règle d'or : anticipez. Déposez votre demande de prolongation ou votre demande de nouveau permis bien avant l'expiration de l'actuel, pour bénéficier du statut conservé et éviter toute interruption de travail. Et si aucune prolongation n'est possible dans votre catégorie, explorez les autres types de permis de travail au Canada : un permis fermé avec EIMT, un permis lié à un programme de mobilité, ou une bascule vers un permis d'études peuvent prendre le relais selon votre projet.

Le permis ouvert comme tremplin vers la résidence permanente

C'est peut-être la dimension la plus stratégique du permis ouvert. L'expérience de travail canadienne que vous accumulez avec ce permis est l'un des atouts les plus puissants dans les programmes d'immigration économique. Dans le système Entrée express, une année d'expérience qualifiée au Canada peut vous ouvrir la catégorie de l'expérience canadienne et augmenter très sensiblement votre score de classement. Les programmes des candidats des provinces valorisent eux aussi fortement les candidats qui travaillent déjà sur leur territoire.

Beaucoup de parcours réussis suivent d'ailleurs le même schéma : arrivée avec un permis ouvert (PVT, permis postdiplôme ou permis de conjoint), première expérience canadienne, montée en compétence linguistique, puis dépôt d'un profil Entrée express ou d'une candidature provinciale, et enfin obtention de la résidence permanente. Le permis ouvert n'est pas une fin en soi : c'est souvent le premier chapitre d'une histoire plus longue. Si la résidence permanente est votre objectif, pensez-y dès le premier jour : choisissez des emplois dont le niveau de qualification compte dans les programmes d'immigration, conservez toutes vos preuves d'emploi (contrats, talons de paie, lettres d'employeur) et travaillez vos compétences en français et en anglais, car les tests linguistiques pèsent lourd dans la balance.

Les erreurs fréquentes que je vois trop souvent

Après des années à écrire sur l'immigration canadienne, certaines erreurs reviennent avec une régularité désolante. Les voici, pour que vous ne les commettiez pas.

La première : confondre permis ouvert et droit automatique. On me demande souvent "comment obtenir un permis ouvert" comme s'il suffisait de le demander. Non : il faut appartenir à une catégorie admissible. Si aucune ne correspond à votre profil, le permis ouvert n'est simplement pas votre porte d'entrée, et il vaut mieux explorer les permis fermés ou d'autres voies.

La deuxième : se fier à des informations périmées. Les règles sur les conjoints d'étudiants et de travailleurs, en particulier, ont beaucoup changé récemment. Ce qui était vrai pour votre cousine il y a trois ans ne l'est peut-être plus pour vous aujourd'hui.

La troisième : laisser expirer son permis sans avoir déposé de demande de prolongation. Le statut conservé ne fonctionne que si la nouvelle demande est soumise avant l'expiration de l'ancienne. Un jour de retard, et la mécanique se grippe : il faut alors passer par un rétablissement de statut, plus coûteux, plus incertain, et pendant lequel le droit de travailler est suspendu.

La quatrième : oublier les frais spécifiques au permis ouvert lors du paiement, ce qui retarde ou invalide la demande. La cinquième : travailler dans un secteur exclu par une condition inscrite sur le permis, souvent par simple ignorance, avec des conséquences disproportionnées par rapport à la faute. Et la sixième, plus subtile : négliger de documenter son expérience de travail au fil de l'eau, puis se retrouver incapable de prouver ses heures et ses fonctions au moment de demander la résidence permanente. Tenez un dossier, dès le premier contrat.

Une dernière erreur mérite sa mention : payer des sommes importantes à des intermédiaires douteux qui promettent un permis ouvert garanti. Personne ne peut garantir une décision d'IRCC. Si vous souhaitez être accompagné, vérifiez que la personne est avocate ou consultante réglementée, inscrite au registre officiel de sa profession. C'est votre meilleure protection contre la fraude.

Foire aux questions

Puis-je demander un permis de travail ouvert sans offre d'emploi ?

Oui, et c'est même tout l'intérêt de ce permis : aucune offre d'emploi n'est requise, ni au moment de la demande ni à l'arrivée. En revanche, il faut appartenir à une catégorie admissible, comme conjoint de travailleur ou d'étudiant admissible, diplômé récent, participant à Expérience internationale Canada ou demandeur de résidence permanente dans certaines situations. L'absence d'offre d'emploi ne dispense pas de démontrer, selon les programmes, des fonds suffisants ou une assurance pour la durée du séjour.

Quelle est la différence entre un permis ouvert et un permis fermé ?

Le permis fermé vous lie à un employeur précis, souvent nommé sur le document, et repose généralement sur une offre d'emploi appuyée par une EIMT ou couverte par une dispense. Le permis ouvert, lui, vous autorise à travailler pour presque n'importe quel employeur au Canada, sans EIMT, avec pour seules limites les employeurs non conformes, les secteurs exclus et les conditions inscrites sur votre document. J'explique cette distinction en profondeur dans mon guide sur les types de permis de travail au Canada.

Mon conjoint étudie au Canada, ai-je droit à un permis ouvert ?

Peut-être, mais plus systématiquement comme avant. L'admissibilité dépend désormais largement du programme suivi par votre conjoint : les études de niveau supérieur, comme la maîtrise ou le doctorat, ouvrent plus facilement ce droit que les programmes courts. Les règles ayant été resserrées récemment, je vous conseille vivement de vérifier la page officielle sur Canada.ca avec les caractéristiques exactes du programme de votre conjoint avant de déposer quoi que ce soit.

Le permis vacances-travail est-il vraiment un permis ouvert ?

Oui. Le permis délivré dans la catégorie vacances-travail d'Expérience internationale Canada est un permis de travail ouvert : vous pouvez travailler pour presque n'importe quel employeur, changer d'emploi librement et voyager à travers le pays. C'est différent des deux autres catégories du programme, Jeunes professionnels et Stage coop international, qui délivrent des permis liés à un employeur unique. Vérifiez bien la catégorie dans laquelle vous postulez, car l'expérience sur place n'a rien à voir.

Puis-je passer d'un permis ouvert à la résidence permanente ?

Le permis ouvert lui-même ne se transforme pas en résidence permanente, mais il en est souvent le meilleur tremplin. L'expérience de travail canadienne acquise grâce à lui compte fortement dans Entrée express, notamment via la catégorie de l'expérience canadienne, et dans les programmes des candidats des provinces. Beaucoup de résidents permanents d'aujourd'hui ont commencé avec un PVT ou un permis postdiplôme. La clé est de planifier tôt, de choisir des emplois qualifiés et de conserver toutes les preuves de votre expérience.

Que se passe-t-il si mon permis ouvert expire pendant le traitement de ma nouvelle demande ?

Si vous avez déposé votre demande de prolongation ou de nouveau permis avant l'expiration de l'actuel, vous bénéficiez en général d'un statut conservé qui vous permet de rester au Canada et, dans la plupart des cas, de continuer à travailler aux mêmes conditions en attendant la décision. Si le permis a expiré avant le dépôt, la situation devient plus délicate : il faut demander un rétablissement de statut dans les délais prévus, et le droit de travailler est suspendu entre-temps. D'où mon conseil constant : anticipez toujours.

Sources officielles

Pour vérifier votre admissibilité et déposer une demande, la référence est la page officielle du gouvernement du Canada consacrée aux permis de travail : https://www.canada.ca/en/immigration-refugees-citizenship/services/work-canada/work-permit.html. Les règles, catégories admissibles et conditions évoluent régulièrement, parfois plusieurs fois par année : vérifiez toujours les informations à jour sur Canada.ca avant de prendre une décision ou de soumettre un dossier.

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