Réponse directe

Il existe deux grandes familles de types de permis de travail au Canada : le permis ouvert, qui vous laisse travailler pour presque n'importe quel employeur, et le permis lié à un employeur donné, souvent appelé permis fermé, qui vous rattache à une entreprise précise. Autour de cette distinction gravitent des programmes bien connus : le permis de travail post-diplôme pour les étudiants qui terminent leurs études, le permis ouvert pour les époux et conjoints de fait, Expérience internationale Canada pour les jeunes, la mobilité francophone et divers accords internationaux. Le bon choix dépend de votre profil, de votre offre d'emploi éventuelle et de vos projets à long terme. Dans ce guide, je vous explique chaque option et je vous renvoie vers mon guide complet du permis de travail au Canada pour la marche à suivre.

Pourquoi il est essentiel de connaître les différents types de permis

Quand j'ai commencé à écrire sur l'immigration canadienne, une chose m'a frappée : la plupart des personnes qui me contactaient parlaient du permis de travail comme s'il s'agissait d'un document unique. En réalité, il n'existe pas un permis de travail canadien, mais toute une famille de permis, chacun avec ses conditions d'accès, ses avantages et ses limites. Choisir la mauvaise porte d'entrée peut vous coûter des mois de démarches, parfois un refus, et souvent beaucoup de frustration.

Je le précise d'emblée, comme je le fais dans tous mes articles : je suis rédactrice indépendante, pas avocate ni consultante réglementée en immigration. Mon rôle est de vous aider à comprendre le paysage, à poser les bonnes questions et à savoir où vérifier l'information officielle. Pour toute décision qui engage votre avenir, les pages de Canada.ca et, au besoin, un professionnel autorisé restent vos meilleures références.

Ce guide est un complément à mon article pilier sur le permis de travail au Canada, qui détaille la procédure de demande étape par étape. Ici, je me concentre sur la question qui vient avant : quel type de permis correspond à votre situation.

La grande distinction : permis ouvert ou permis lié à un employeur

Tout le système repose sur une opposition simple à comprendre. Soit votre permis vous autorise à travailler pour presque n'importe quel employeur au Canada, soit il vous rattache à un employeur précis, parfois même à un lieu et à un poste précis. Cette distinction conditionne votre liberté de mouvement sur le marché du travail, la solidité de votre statut si vous perdez votre emploi et la nature des documents à réunir.

Le permis de travail ouvert : la liberté de choisir son employeur

Le permis ouvert est le plus flexible des deux. Il n'est pas rattaché à une entreprise donnée : vous pouvez changer d'employeur, de ville ou de secteur sans refaire une demande. Si votre relation de travail se dégrade ou si une meilleure occasion se présente, vous pouvez la saisir. Cette liberté a une contrepartie : on ne peut pas demander un permis ouvert simplement parce qu'on le souhaite. Il faut appartenir à une catégorie admissible, par exemple être diplômé d'un établissement canadien reconnu, être l'époux ou la conjointe de fait d'une personne admissible, ou participer à certains volets d'Expérience internationale Canada.

Quelques restrictions subsistent malgré tout. Certains employeurs jugés non conformes sont exclus, et des exigences particulières peuvent s'appliquer à des emplois sensibles. J'ai consacré un article entier au permis de travail ouvert si vous voulez creuser les conditions d'admissibilité et les catégories concernées.

Le permis lié à un employeur : le fameux permis fermé

Le permis lié à un employeur donné, qu'on appelle couramment permis fermé, précise sur le document lui-même le nom de l'entreprise pour laquelle vous êtes autorisé à travailler, et souvent le poste et le lieu de travail. Vous ne pouvez pas changer d'employeur librement : il faut demander un nouveau permis avant de commencer chez quelqu'un d'autre.

Ce type de permis est la voie classique quand on a décroché une offre d'emploi depuis l'étranger. L'employeur joue un rôle central dans la démarche : selon le cas, il doit obtenir une évaluation du marché du travail ou soumettre une offre par les canaux prévus. Le permis fermé n'est pas une voie de seconde classe, loin de là. Pour beaucoup de professionnels qualifiés, c'est la porte d'entrée la plus directe, et l'expérience acquise sous ce permis compte ensuite pour les programmes de résidence permanente au Canada.

Mon conseil de prudence : avant de vous engager avec un employeur, vérifiez toujours que l'entreprise existe réellement, qu'elle a pignon sur rue et qu'elle ne vous demande pas d'argent en échange de l'offre d'emploi. Les fraudes à la fausse offre d'emploi existent, et elles ciblent précisément les personnes qui rêvent du Canada.

L'EIMT, ou LMIA : le passage obligé de nombreux permis fermés

Impossible de parler des types de permis de travail au Canada sans expliquer l'étude d'impact sur le marché du travail, l'EIMT, que vous verrez souvent sous son sigle anglais LMIA. C'est un document que l'employeur canadien, et non le travailleur, doit obtenir dans de nombreux cas avant de pouvoir embaucher quelqu'un de l'étranger.

Ce que l'EIMT vérifie concrètement

L'idée derrière l'EIMT est simple : le gouvernement veut s'assurer que l'embauche d'un travailleur étranger n'a pas d'effet négatif sur le marché du travail canadien. L'employeur doit généralement démontrer qu'il a cherché à recruter localement, que les conditions offertes sont conformes aux normes du poste et de la région, et que l'embauche répond à un besoin réel. Si l'évaluation est favorable, l'employeur reçoit une décision positive que le travailleur joint ensuite à sa demande de permis.

Pour vous, candidat ou candidate, la conséquence pratique est la suivante : si votre futur employeur vous parle d'une embauche avec EIMT, c'est lui qui pilote cette première étape. Votre travail commence vraiment quand la décision positive est rendue. Je détaille ce processus, documents et étapes à l'appui, dans mon guide sur le permis de travail au Canada.

Les dispenses d'EIMT : quand l'employeur n'a pas besoin de cette étape

Tous les permis fermés n'exigent pas une EIMT. Le Programme de mobilité internationale regroupe des situations où l'embauche est dispensée de cette évaluation, parce qu'elle sert des intérêts plus larges : accords commerciaux internationaux, transferts au sein d'une même entreprise, avantages culturels ou économiques importants pour le Canada, réciprocité entre pays. La mobilité francophone, dont je parle plus loin, fait partie de ces dispenses.

Attention à une confusion fréquente : dispense d'EIMT ne veut pas dire absence de formalités. L'employeur doit tout de même soumettre son offre par le portail prévu et s'acquitter de ses obligations. Et le permis obtenu reste, dans la plupart des cas, un permis lié à cet employeur.

Le permis de travail post-diplôme : l'atout des étudiants internationaux

Le permis de travail post-diplôme, très connu sous son sigle anglais PGWP, est probablement le permis ouvert le plus célèbre du système canadien. Il s'adresse aux étudiants internationaux qui ont terminé un programme admissible dans un établissement d'enseignement canadien désigné.

Qui peut y prétendre

Les conditions tiennent essentiellement à trois éléments : l'établissement fréquenté doit être reconnu aux fins du programme, le programme d'études doit répondre aux critères d'admissibilité en vigueur, et la demande doit être déposée dans le délai prévu après l'obtention des résultats. Deux règles récentes méritent votre attention. D'une part, une preuve de langue est exigée depuis le 1er novembre 2024 : niveau CLB 7 pour les diplômés universitaires, CLB 5 pour les diplômés collégiaux. D'autre part, une exigence de domaine d'études s'applique en 2026 aux certificats et diplômes collégiaux, mais pas aux baccalauréats, maîtrises et doctorats. Les règles ayant évolué à plusieurs reprises ces dernières années, je vous invite vraiment à vérifier les critères à jour sur la page officielle du PGWP sur Canada.ca avant de bâtir votre projet d'études autour de ce permis.

La durée du permis post-diplôme est alignée sur la durée du programme d'études suivi, avec un maximum de 3 ans. Règle en vigueur en 2026 : les diplômés de maîtrise obtiennent un permis de 3 ans même lorsque leur programme a duré moins de 2 ans, à condition d'avoir étudié au moins 8 mois dans un établissement désigné.

Pourquoi ce permis est si précieux

Le PGWP est un permis ouvert : vous pouvez travailler pour l'employeur de votre choix, dans le domaine de votre choix, sans que quiconque ait besoin d'une EIMT. C'est un tremplin exceptionnel vers la résidence permanente, parce qu'il permet d'accumuler de l'expérience de travail canadienne qualifiée, l'un des facteurs les plus valorisés dans les programmes fédéraux gérés par Entrée express et dans de nombreux programmes provinciaux.

Un point de vigilance que je répète souvent : le permis post-diplôme ne se renouvelle généralement pas. C'est une occasion qui ne se présente qu'une fois par parcours. Il faut donc l'utiliser stratégiquement, en visant dès le départ une expérience professionnelle qui servira votre dossier de résidence permanente.

Le permis ouvert pour époux et conjoints de fait

Le Canada reconnaît que les projets d'immigration sont souvent des projets de couple. C'est pourquoi il existe un permis de travail ouvert destiné aux époux et conjoints de fait de certaines personnes déjà présentes au Canada : travailleurs dans des catégories admissibles, étudiants dans des programmes admissibles, ou encore demandeurs de résidence permanente dans certaines situations.

L'admissibilité du conjoint dépend du statut et de la situation de la personne principale : type de permis qu'elle détient, nature de son emploi ou de ses études, durée restante de son statut. Pour les conjoints d'étudiants, la règle en vigueur depuis le 19 mars 2024 est claire : le permis ouvert est réservé aux conjoints d'étudiants inscrits en maîtrise, au doctorat ou dans certains programmes professionnels. Pour les conjoints de travailleurs, les critères ont aussi été resserrés à plusieurs reprises, et je préfère ne pas graver dans le marbre des conditions qui bougent. Vérifiez la page officielle avant de déposer quoi que ce soit. <!-- TODO vérifier sur canada.ca les catégories admissibles au permis ouvert pour conjoints -->

Ce que je peux dire sans risque, c'est l'esprit du programme : permettre au couple de vivre et de travailler ensemble au Canada, sans que le conjoint accompagnateur ait besoin d'une offre d'emploi préalable. Dans mon article sur le permis de travail ouvert, je consacre une section entière à cette catégorie, avec les questions à se poser avant de faire la demande.

Expérience internationale Canada : la voie des jeunes

Expérience internationale Canada, EIC en français et IEC en anglais, est un ensemble d'ententes bilatérales entre le Canada et des dizaines de pays partenaires. Le programme s'adresse aux jeunes adultes, dans une fourchette d'âge qui varie selon le pays d'origine. Si vous êtes Français, Belge ou d'une autre nationalité partenaire et que vous avez l'âge requis, c'est souvent la façon la plus simple de venir travailler au Canada. Le programme se décline en trois volets.

Vacances-travail : le grand classique

Le volet vacances-travail, célèbre sous les initiales PVT dans la francophonie, délivre un permis de travail ouvert. Vous n'avez besoin ni d'offre d'emploi ni d'EIMT : vous arrivez, vous cherchez du travail sur place, vous changez d'employeur à votre guise. C'est le volet le plus demandé, et pour certains pays les places disponibles sont attribuées par tirage au sort parmi les candidats inscrits dans le bassin. On ne choisit donc pas son moment : on s'inscrit, et on croise les doigts.

Le PVT est une porte d'entrée formidable pour découvrir le pays, mais je conseille de le penser aussi comme un investissement : une expérience de travail qualifiée acquise pendant un PVT peut alimenter un futur dossier de résidence permanente.

Jeunes professionnels : pour une carrière ciblée

Le volet jeunes professionnels s'adresse à ceux qui ont déjà une offre d'emploi au Canada dans leur domaine. Le permis délivré est cette fois un permis lié à l'employeur, puisque le but est de développer sa carrière dans un poste précis qui s'inscrit dans son parcours professionnel. L'offre doit généralement correspondre à un emploi qualifié en lien avec votre formation ou votre expérience. Pas d'EIMT à obtenir, ce qui simplifie beaucoup la vie de l'employeur, mais l'engagement est réciproque : vous venez pour ce poste.

Stage coop international : pour les étudiants

Le troisième volet concerne les étudiants inscrits dans un établissement postsecondaire de leur pays qui doivent effectuer un stage au Canada dans le cadre de leur cursus. Là encore, le permis est lié à l'employeur qui accueille le stagiaire, et le stage doit être requis par le programme d'études. C'est une belle façon de mettre un premier pied au Canada avant même la fin de ses études.

Pour les trois volets, les conditions précises, les quotas et les modalités d'inscription varient selon votre nationalité et évoluent d'une saison à l'autre. La page officielle d'EIC sur Canada.ca reste la seule source à jour. <!-- TODO vérifier sur canada.ca les conditions EIC par pays -->

Mobilité francophone et accords internationaux

Deux autres familles de permis méritent votre attention, surtout si vous parlez français ou si votre pays a signé des accords avec le Canada.

La mobilité francophone : un avantage réel pour les francophones

Le Canada cherche activement à renforcer la présence francophone à l'extérieur du Québec. La mobilité francophone permet à un employeur situé hors Québec d'embaucher un travailleur francophone qualifié sans passer par une EIMT, ce qui allège considérablement la démarche. Il faut démontrer une maîtrise suffisante du français et viser un emploi admissible dans une province ou un territoire autre que le Québec, qui gère sa propre immigration selon ses propres règles.

Si vous êtes francophone, je vous encourage vivement à mentionner cette voie à tout employeur canadien intéressé par votre profil : beaucoup d'entreprises hors Québec ne la connaissent pas, alors qu'elle peut transformer une embauche compliquée en démarche relativement fluide. Les critères de niveau de langue et d'emplois admissibles peuvent évoluer, donc vérifiez les détails officiels. <!-- TODO vérifier sur canada.ca les critères de la mobilité francophone -->

Les accords internationaux : commerce et réciprocité

Le Canada a signé des accords de libre-échange et des ententes de réciprocité qui facilitent la mobilité de certains professionnels : accords avec les pays voisins d'Amérique du Nord, accord économique avec l'Union européenne, ententes avec d'autres partenaires commerciaux. Selon l'accord et votre profession, ces ententes peuvent dispenser votre employeur de l'EIMT, voire simplifier notablement la demande de permis.

Je reste volontairement qualitative ici : chaque accord a ses listes de professions, ses conditions de nationalité et ses subtilités. Si vous êtes citoyen d'un pays lié au Canada par un accord commercial et que vous exercez une profession qualifiée, cela vaut la peine d'explorer cette piste avec votre employeur, en vous appuyant sur les pages officielles.

Les transferts intra-entreprise

Mention rapide d'une catégorie voisine : si vous travaillez pour une entreprise multinationale qui possède une entité au Canada, le transfert au sein de la même entreprise peut permettre d'obtenir un permis sans EIMT, sous conditions de poste et d'ancienneté. C'est une voie souvent négligée par les salariés de grands groupes, qui ignorent que leur employeur actuel peut être leur meilleur allié pour partir au Canada.

Travailler sans permis : des exceptions rares et encadrées

Oui, il existe des situations où l'on peut travailler au Canada sans permis de travail : certaines activités de courte durée, certains métiers très spécifiques, certaines fonctions exercées pour un employeur étranger. Je les mentionne par souci d'exhaustivité, mais je vous mets sincèrement en garde : ces exceptions sont étroites, techniques et souvent mal comprises.

Travailler sans autorisation alors qu'un permis était requis est une infraction qui peut compromettre durablement vos projets canadiens : refus futurs, interdiction de territoire, dossier entaché. Si vous pensez relever d'une exception, ne vous fiez ni à un forum ni à l'expérience d'un ami : vérifiez la liste officielle sur Canada.ca et, en cas de doute, consultez un professionnel autorisé. Dans l'immense majorité des cas, la bonne réponse est de demander le permis approprié, et mon guide du permis de travail au Canada vous montre comment.

Comment choisir le bon permis selon votre situation

Venons-en à la question pratique : parmi tous ces types de permis de travail au Canada, lequel viser. Voici la grille de lecture que je propose, situation par situation.

Vous venez de terminer vos études au Canada

Le permis post-diplôme est presque toujours votre meilleure option, si vous y êtes admissible. Il est ouvert, il valorise vos études canadiennes et il vous laisse construire l'expérience qui nourrira votre demande de résidence permanente. Déposez la demande dans les délais, sans attendre.

Vous avez une offre d'emploi d'un employeur canadien

Regardez d'abord si une dispense d'EIMT s'applique : mobilité francophone si vous parlez français et visez une province hors Québec, accord international selon votre nationalité et votre profession, transfert intra-entreprise si vous êtes déjà salarié du groupe, volet jeunes professionnels d'EIC si vous avez l'âge requis. Si aucune dispense ne convient, la voie EIMT reste tout à fait praticable : elle demande simplement plus d'anticipation de la part de l'employeur.

Vous êtes jeune et vous voulez d'abord découvrir le pays

Le volet vacances-travail d'EIC est fait pour vous, si votre pays participe au programme et que vous êtes dans la tranche d'âge. Permis ouvert, liberté totale de mouvement, expérience de vie incomparable. Pensez simplement à la suite : si le Canada vous plaît, les mois passés en PVT peuvent devenir la première brique d'un projet de résidence permanente.

Votre conjoint ou conjointe part étudier ou travailler au Canada

Vérifiez votre admissibilité au permis ouvert pour époux et conjoints de fait. Si la situation de votre partenaire entre dans les catégories admissibles, vous pourrez travailler librement pendant son séjour. Sinon, il faudra construire votre propre dossier, avec les autres options de cette page.

Vous visez directement la résidence permanente

Dans ce cas, le permis de travail n'est peut-être même pas votre première étape. Les programmes fédéraux gérés par Entrée express permettent d'immigrer directement comme résident permanent, sans passer par un permis temporaire, si votre profil est assez compétitif. Beaucoup de candidats combinent les deux stratégies : un permis temporaire pour acquérir de l'expérience canadienne, puis une demande de résidence permanente renforcée par cette expérience.

Un mot sur le Québec

Si votre projet vise le Québec, gardez en tête que la province applique des règles supplémentaires pour de nombreuses embauches temporaires et pour l'immigration permanente. Les grands types de permis restent les mêmes, mais des étapes provinciales peuvent s'ajouter. Vérifiez toujours le volet québécois de votre démarche.

Les erreurs fréquentes que je vois trop souvent

Après des années à écrire sur ces sujets et à échanger avec des lecteurs, certaines erreurs reviennent sans cesse. Les voici, pour que vous ne les commettiez pas.

Confondre visa et permis de travail

Le visa, ou l'autorisation de voyage électronique selon votre nationalité, sert à entrer au Canada. Le permis de travail vous autorise à y travailler. Ce sont deux documents différents, souvent délivrés ensemble mais jamais interchangeables. Arriver comme touriste en espérant régulariser sa situation sur place est un pari risqué et généralement perdant.

Croire que le permis ouvert est accessible à tous

Je reçois régulièrement des messages de personnes persuadées qu'il suffit de demander un permis ouvert pour l'obtenir. Non : il faut appartenir à une catégorie admissible. Si vous n'entrez dans aucune, votre voie passe par un permis lié à un employeur, ou par la résidence permanente directe.

Laisser passer les délais du permis post-diplôme

Le PGWP se demande dans une fenêtre de temps limitée après la fin des études, et il ne se représente pas. Chaque année, des étudiants brillants perdent cette occasion par simple procrastination ou parce qu'ils attendaient un document sans relancer leur établissement. Anticipez.

Travailler en dehors des conditions de son permis

Un permis fermé vous lie à un employeur : accepter des heures ailleurs, même ponctuellement, peut constituer du travail non autorisé. De même, chaque permis comporte des conditions inscrites sur le document. Lisez-les, relisez-les, respectez-les.

Payer pour une offre d'emploi

Aucun employeur légitime ne vous demandera de payer pour être embauché, et aucune EIMT ne se monnaye auprès du candidat. Si quelqu'un vous demande de l'argent contre une promesse d'embauche au Canada, fuyez et signalez.

Négliger la suite du parcours

Un permis temporaire finit par expirer. Trop de gens attendent les derniers mois pour réfléchir à la transition vers la résidence permanente, alors que les décisions prises dès l'arrivée, type d'emploi, niveau de poste, apprentissage de la langue, province d'installation, déterminent la solidité du futur dossier.

Du permis de travail à la résidence permanente : penser au coup d'après

Je termine par ce qui est, à mes yeux, le message le plus important de cette page. Un permis de travail, quel qu'en soit le type, est presque toujours une étape, rarement une fin en soi. Le système d'immigration canadien valorise énormément l'expérience de travail acquise au Canada : elle rapporte des points dans le système de classement d'Entrée express, elle ouvre des programmes dédiés aux personnes ayant une expérience canadienne, et elle rassure les programmes provinciaux.

Concrètement, cela veut dire que le choix de votre permis d'aujourd'hui influence vos chances de demain. Un emploi qualifié sous permis post-diplôme, un poste en lien avec votre domaine pendant un volet jeunes professionnels, une expérience francophone hors Québec via la mobilité francophone : autant de trajectoires qui préparent naturellement une demande de résidence permanente au Canada.

Mon conseil de méthode : dès que vous savez quel permis vous allez viser, ouvrez en parallèle le chantier de la résidence permanente. Évaluez votre profil, identifiez les programmes accessibles, repérez ce qui vous manque, niveau de langue, diplômes à faire évaluer, expérience à consolider. Vous transformerez ainsi votre séjour temporaire en tremplin, plutôt qu'en compte à rebours.

Foire aux questions

Quelle est la différence entre un permis de travail ouvert et un permis fermé ?

Le permis ouvert vous autorise à travailler pour presque n'importe quel employeur au Canada et à changer d'emploi librement, tandis que le permis fermé vous rattache à un employeur précis, nommé sur le document, souvent avec un poste et un lieu définis. Le permis ouvert n'est accessible qu'à certaines catégories de personnes, comme les diplômés d'établissements canadiens, certains conjoints ou les participants au volet vacances-travail. Le permis fermé, lui, suppose une offre d'emploi et implique l'employeur dans la démarche, avec ou sans EIMT selon le cas.

Ai-je toujours besoin d'une EIMT pour obtenir un permis de travail ?

Non, et c'est une bonne nouvelle. L'EIMT ne concerne que certains permis liés à un employeur. Tous les permis ouverts en sont dispensés par nature, et de nombreux permis fermés passent par le Programme de mobilité internationale, qui regroupe les dispenses : accords internationaux, transferts intra-entreprise, mobilité francophone, avantages importants pour le Canada. Quand une EIMT est requise, c'est l'employeur qui doit l'obtenir, pas vous. Votre rôle commence après, au moment de déposer la demande de permis avec la décision favorable.

Puis-je transformer mon permis vacances-travail en résidence permanente ?

Pas directement, car le PVT est un statut temporaire, mais il peut y contribuer puissamment. L'expérience de travail qualifiée que vous accumulez pendant votre séjour compte dans les programmes d'immigration permanente, notamment ceux qui valorisent l'expérience canadienne. Beaucoup de résidents permanents d'aujourd'hui ont commencé par un PVT, ont trouvé un emploi dans leur domaine, puis ont déposé un profil Entrée express ou candidaté à un programme provincial. La clé est de viser, dès que possible, un emploi qualifié plutôt que des petits boulots.

Mon conjoint peut-il travailler si je viens au Canada avec un permis de travail ?

Peut-être, selon votre propre situation. Le permis ouvert pour époux et conjoints de fait existe, mais son accès dépend de la catégorie de votre permis, du niveau de votre emploi et d'autres critères qui ont été resserrés ces dernières années. Avant de planifier votre installation à deux, vérifiez sur Canada.ca si votre situation ouvre ce droit à votre partenaire. Si ce n'est pas le cas, votre conjoint peut explorer ses propres options : EIC, offre d'emploi, études.

Le permis post-diplôme est-il renouvelable ?

En règle générale, non. Le permis post-diplôme est conçu comme une occasion unique dans un parcours : une fois expiré, on ne peut pas en demander un second pour les mêmes études, ni le prolonger au delà de la durée accordée, sauf situations exceptionnelles prévues par le gouvernement. C'est précisément pour cela que je conseille aux diplômés de l'utiliser de façon stratégique, en recherchant dès le départ une expérience qualifiée qui alimentera une demande de résidence permanente avant l'expiration du permis.

Puis-je changer d'employeur avec un permis fermé ?

Pas librement. Votre permis vous autorise à travailler pour l'employeur qui y est nommé, et commencer chez un autre sans nouveau permis constituerait du travail non autorisé. Si vous souhaitez changer d'entreprise, il faut déposer une demande pour un nouveau permis lié au nouvel employeur, avec les documents requis, et attendre l'autorisation avant de commencer. Des mécanismes existent pour faciliter certaines transitions, notamment pour les travailleurs en situation de vulnérabilité, mais la règle de base reste : nouveau patron, nouvelle autorisation d'abord.

Sources officielles

La référence incontournable est la page officielle du gouvernement du Canada sur le permis de travail : https://www.canada.ca/en/immigration-refugees-citizenship/services/work-canada/work-permit.html. Les règles d'immigration évoluent régulièrement, parfois sans préavis : avant toute démarche, vérifiez les conditions à jour sur Canada.ca, qui prime toujours sur ce que vous lirez ici ou ailleurs.

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