Réponse directe

Le Programme de l'expérience québécoise, le PEQ, s'adressait aux personnes diplômées du Québec et aux travailleurs étrangers temporaires y ayant acquis une expérience de travail. Il a officiellement pris fin le 19 novembre 2025. Il a ensuite été rétabli en 2026 à titre transitoire, avec une première période d'admission courte, de l'ordre de quatre mois, et une date de référence fixe qui limite l'admissibilité. Ce dispositif transitoire doit s'éteindre définitivement le 2 juillet 2028, après quoi toute la sélection économique québécoise passera par le Programme de sélection des travailleurs qualifiés, le PSTQ. Pendant les périodes d'admission du PEQ, les invitations PSTQ sont réduites et ciblent surtout des profils TEER 4 et TEER 5. Les modalités exactes évoluent : la référence est quebec.ca et le ministère québécois de l'Immigration.

Un programme en voie d'extinction, pas un programme ordinaire

Il faut aborder le PEQ avec la bonne grille de lecture, sans quoi tout ce que vous lirez ailleurs sera trompeur. Le PEQ n'est plus une voie stable sur laquelle bâtir un projet de cinq ans. C'est un dispositif transitoire, avec une date de fin annoncée, des périodes d'admission courtes et des conditions qui bougent d'une ouverture à l'autre.

Historiquement, le PEQ était la voie rapide du Québec : des diplômés formés sur place et des travailleurs déjà intégrés au marché du travail québécois obtenaient leur Certificat de sélection du Québec avec des délais nettement plus courts que par la voie régulière. C'est ce qui en a fait le programme le plus convoité de la province, et aussi le plus fragile politiquement, puisqu'il concentrait une part importante des admissions.

Ma précision d'usage, et elle est particulièrement importante sur ce sujet : je suis rédactrice indépendante installée au Québec, ni avocate ni consultante réglementée en immigration. Le PEQ est aujourd'hui le programme dont les modalités changent le plus vite au Canada. Tout ce que je décris ici doit être vérifié sur quebec.ca avant la moindre décision, et je pose volontairement des marqueurs de vérification aux endroits sensibles.

La chronologie, condition de toute compréhension

Pour ce programme, la date compte davantage que le critère. Voici la séquence, telle qu'elle se présente au moment où j'écris.

La fin officielle du 19 novembre 2025

Le PEQ, dans ses volets Diplômés du Québec et Travailleurs étrangers temporaires, a officiellement pris fin le 19 novembre 2025. Ce n'était pas une suspension technique, mais l'aboutissement d'une réforme qui déplace la sélection économique vers le PSTQ.

Pour des milliers de personnes venues étudier au Québec en comptant sur cette voie, l'annonce a été un choc. C'est aussi la leçon la plus dure de ce dossier : construire un projet migratoire sur un programme, c'est accepter le risque que ce programme disparaisse avant vous.

Le rétablissement transitoire de 2026

Le PEQ a ensuite été rétabli en 2026 à titre transitoire. Ce rétablissement s'accompagne de trois caractéristiques qu'il faut avoir en tête. D'abord, une première période d'admission courte, de l'ordre de quatre mois, et non une ouverture continue. Ensuite, une date de référence fixe qui limite l'admissibilité, autrement dit un critère de calendrier qui exclut les personnes dont la situation s'est constituée après cette date. Enfin, une articulation avec le PSTQ : pendant la période d'admission du PEQ, les invitations sous le PSTQ sont réduites et ciblent surtout des profils relevant des niveaux TEER 4 et TEER 5.

Les modalités précises de cette période transitoire, la date de référence exacte, les documents exigés et les conditions par volet doivent impérativement être vérifiés sur les pages officielles. <!-- TODO vérifier --> C'est le type de dispositif qui peut être ajusté en cours de route, et aucun article, y compris le mien, ne peut se substituer à la page officielle du jour.

L'extinction prévue le 2 juillet 2028

Le dispositif transitoire doit s'éteindre définitivement le 2 juillet 2028. Après cette date, la sélection économique québécoise passera entièrement par le PSTQ, que je décris dans mon article sur l'immigration au Québec, Arrima et le CSQ.

Cette date est votre horizon de planification. Si vous êtes étudiant international au Québec aujourd'hui, posez-vous une question simple et un peu brutale : au rythme de votre programme d'études et de l'expérience de travail exigée, serez-vous en mesure de déposer avant l'extinction, ou devez-vous construire votre projet directement sur le PSTQ ?

Les deux volets historiques, et ce qu'ils exigeaient

Comprendre la structure du PEQ reste utile, parce que le dispositif transitoire s'appuie sur la même architecture.

Le volet Diplômés du Québec

Il s'adressait aux personnes ayant obtenu un diplôme admissible d'un établissement québécois, avec une exigence de connaissance du français à un niveau avancé à l'oral. Tous les diplômes n'ouvraient pas droit au programme : la liste des diplômes admissibles est un élément déterminant, et elle a évolué au fil des réformes. <!-- TODO vérifier -->

C'est le volet qui a le plus structuré les projets d'études au Québec. Beaucoup d'étudiants internationaux choisissaient leur programme en fonction de son admissibilité au PEQ, ce qui explique l'onde de choc provoquée par la fin du programme.

Le volet Travailleurs étrangers temporaires

Il visait les personnes ayant acquis une expérience de travail à temps plein au Québec, dans des professions et pour des durées définies par le programme, avec la même exigence de français avancé à l'oral. Là encore, les seuils de durée, les professions visées et les modalités de calcul de l'expérience relèvent des pages officielles et ont changé plusieurs fois. <!-- TODO vérifier -->

Le français, exigence commune et non négociable

Les deux volets partageaient une exigence de français à un niveau avancé à l'oral, de l'ordre du niveau 7 de l'échelle québécoise, ce qui correspond approximativement à un B2. Cette exigence s'étendait, selon les configurations, au conjoint accompagnant. Les seuils exacts et leur portée doivent être vérifiés à la source. <!-- TODO vérifier -->

Ce point ne bougera pas avec la fin du PEQ : le PSTQ accorde lui aussi un poids déterminant au français. Investir dans la langue reste la décision la plus rentable pour un projet québécois, et les ressources disponibles, y compris les cours financés par la province, sont recensées dans apprendre l'anglais ou le français au Canada.

Ce que le PEQ n'a jamais été

Trois malentendus persistent, et ils coûtent cher.

Le PEQ n'a jamais donné la résidence permanente. Comme toute sélection québécoise, il menait au Certificat de sélection du Québec, après quoi il fallait déposer une demande de résidence permanente auprès d'IRCC, avec examen médical, vérifications de sécurité et contrôle d'admissibilité. Le CSQ, valide 24 mois, n'est qu'un étage du parcours.

Le PEQ n'a jamais été automatique. Un diplôme québécois ou une expérience de travail locale n'ouvraient pas un droit : il fallait remplir chaque condition, y compris linguistique, et déposer un dossier complet.

Le PEQ n'a jamais dispensé du calendrier. C'est justement son talon d'Achille aujourd'hui : dans sa version transitoire, tout se joue sur les dates, la période d'admission et la date de référence.

Que faire selon votre situation

Voici comment je conseille de raisonner, selon l'endroit où vous vous trouvez dans votre parcours.

Vous êtes déjà diplômé du Québec ou travailleur au Québec

Vérifiez en priorité si vous entrez dans les conditions du dispositif transitoire, en portant une attention particulière à la date de référence et à la période d'admission en cours. Si vous êtes admissible, la question n'est plus de savoir si le PEQ est la meilleure voie, mais de déposer un dossier complet dans la fenêtre. Réunissez immédiatement diplôme ou attestations d'emploi, preuve de français, pièces d'état civil et traductions certifiées.

Si vous n'êtes pas admissible au transitoire, basculez sans état d'âme vers le PSTQ, en travaillant votre profil : niveau de français, expérience qualifiée au Québec, mise à jour du profil Arrima.

Vous êtes étudiant international en cours de programme

Faites le calcul du calendrier, sérieusement, avec les dates réelles : fin de programme, permis de travail postdiplôme, durée d'expérience exigée, date d'extinction du 2 juillet 2028. Si le compte n'y est pas, construisez dès maintenant votre stratégie sur le PSTQ plutôt que d'espérer une prolongation du dispositif transitoire. Mon article sur le permis d'études au Canada rappelle le cadre fédéral qui encadre votre séjour pendant ce temps.

Vous n'êtes pas encore au Québec

Ne bâtissez pas un projet d'études au Québec sur la promesse du PEQ. Le programme s'éteint, et la voie normale sera le PSTQ, avec ses volets, son plafond de 25 % par pays et son exigence de français. Choisissez votre programme d'études pour sa valeur sur le marché du travail et pour votre projet de vie, pas pour une porte administrative qui se referme.

Ce que la fin du PEQ change pour les étudiants internationaux

C'est le public le plus directement touché, et celui qui m'écrit le plus. Prenons le temps de dérouler la chaîne complète, parce que le PEQ n'était qu'un maillon parmi d'autres.

Une chaîne à quatre maillons

Un projet d'études au Québec suivi d'une installation permanente comporte quatre étapes, chacune avec son autorité et son délai. Le Certificat d'acceptation du Québec pour études, délivré par la province. Le permis d'études fédéral, délivré par IRCC. Le permis de travail postdiplôme, fédéral lui aussi, qui permet d'accumuler l'expérience de travail. Et enfin la sélection permanente québécoise, hier par le PEQ, demain par le PSTQ.

La fin du PEQ ne casse pas cette chaîne, elle en change le dernier maillon. Ce qui change surtout, c'est la vitesse : là où le PEQ récompensait le diplôme et une expérience relativement courte, le PSTQ vous compare à un ensemble de candidats selon des critères où le français, l'expérience qualifiée et le domaine d'activité pèsent lourd.

Les questions à se poser dès la première année d'études

Ne repoussez pas ces questions à la fin de votre programme. Votre diplôme figure-t-il parmi ceux qui ouvrent des portes, tant pour le permis de travail postdiplôme que pour la sélection québécoise ? Votre niveau de français atteindra-t-il le seuil avancé exigé, et sinon, quel plan avez-vous pour y arriver pendant vos études plutôt qu'après ? Votre domaine correspond-il à des besoins reconnus au Québec ? Et surtout, où vous placez le calendrier par rapport à l'échéance du 2 juillet 2028 ?

Les étudiants qui réussissent leur transition sont presque toujours ceux qui ont commencé le français dès la première session et travaillé pendant leurs études dans un environnement francophone, pas ceux qui ont attendu l'obtention du diplôme pour découvrir les critères.

Le piège de la stratégie unique

Beaucoup d'étudiants ont construit tout leur projet sur le PEQ, parce qu'il était rapide et prévisible. La leçon de 2025 est claire : un programme peut disparaître avant vous. Gardez donc au moins une voie de rechange à l'esprit, qu'il s'agisse du PSTQ, d'un programme d'une autre province, ou du système fédéral si vous n'avez pas d'attache québécoise déterminante. Mon article sur le passage du travail à la résidence permanente montre comment articuler ces options dans la durée.

Les erreurs de calendrier les plus coûteuses

Sur un dispositif transitoire, les erreurs ne sont presque jamais des erreurs de fond : ce sont des erreurs de dates.

La première consiste à découvrir une période d'admission après sa fermeture. Une fenêtre de quatre mois se rate facilement quand on ne surveille pas les pages officielles chaque semaine.

La deuxième consiste à mal lire la date de référence. Ce critère exclut les personnes dont la situation s'est constituée après une date donnée, et il ne se négocie pas. Vérifiez précisément où vous vous situez par rapport à elle avant de préparer quoi que ce soit. <!-- TODO vérifier -->

La troisième consiste à déposer un dossier incomplet parce que la fenêtre se referme. Un dossier incomplet est un dossier refusé, et vous n'aurez pas de session de rattrapage. Mieux vaut viser la période d'admission suivante, si elle existe, avec un dossier solide.

La quatrième, plus insidieuse, consiste à laisser expirer un statut temporaire pendant l'attente. Un permis d'études ou de travail qui expire pendant que vous préparez une demande de sélection vous place en situation irrégulière, ce qui compromet toute la suite. Les prolongations se demandent séparément et avant l'expiration, comme je l'explique dans prolonger son permis de travail.

La cinquième, enfin, consiste à croire une annonce non officielle sur une prolongation du programme. Tant qu'une modification n'est pas publiée par le gouvernement du Québec, elle n'existe pas.

Suivre correctement l'évolution du dispositif

Sur un programme aussi mouvant, la veille n'est pas un luxe, c'est une composante du dossier.

La source qui fait foi est le site du gouvernement du Québec et celui du ministère chargé de l'immigration, qui publient les périodes d'admission, les conditions et les avis. Les pages fédérales ne vous renseigneront pas sur le PEQ, puisqu'il s'agit d'une sélection provinciale.

Appliquez la même hiérarchie de sources que celle que je recommande côté fédéral dans suivre les actualités d'IRCC : un texte officiel daté prime sur un communiqué, un communiqué prime sur un article de presse, et un article de presse prime largement sur une vidéo alarmiste. Méfiez-vous particulièrement des contenus qui annoncent un retour définitif du PEQ ou une prolongation au-delà de 2028 sans citer de source officielle : sur ce sujet, la désinformation est abondante, et je décris les mécanismes dans éviter les fausses nouvelles en immigration.

Enfin, souvenez-vous qu'une période d'admission courte récompense la préparation, pas la rapidité de lecture. Les personnes qui déposent dans une fenêtre de quatre mois sont celles qui avaient leurs documents prêts avant l'ouverture.

Foire aux questions

Le PEQ existe-t-il encore en 2026 ?

Le PEQ a officiellement pris fin le 19 novembre 2025, puis il a été rétabli en 2026 à titre transitoire, avec une première période d'admission courte, de l'ordre de quatre mois, et une date de référence fixe qui limite l'admissibilité. Ce dispositif doit s'éteindre définitivement le 2 juillet 2028. Il ne s'agit donc pas d'un programme rouvert normalement, mais d'une transition encadrée vers le PSTQ. Les conditions exactes de chaque période d'admission peuvent varier : la seule source fiable est le site du gouvernement du Québec au moment où vous préparez votre demande.

Quelle est la différence entre le PEQ et le PSTQ ?

Le PEQ était une voie accélérée réservée aux personnes déjà présentes au Québec, diplômées d'un établissement québécois ou ayant acquis une expérience de travail sur place, avec une exigence de français avancé. Le PSTQ, Programme de sélection des travailleurs qualifiés, est la voie principale et durable de sélection permanente, ouverte plus largement, organisée en volets et fonctionnant par déclaration d'intérêt dans Arrima puis invitation. Le PSTQ comporte aussi un plafond limitant à 25 % la part des personnes admises provenant d'un même pays. Après le 2 juillet 2028, il ne restera que le PSTQ.

Le PEQ donne-t-il la résidence permanente ?

Non. Comme tous les programmes de sélection québécois, le PEQ menait au Certificat de sélection du Québec, valide 24 mois, et non à la résidence permanente. Une fois le CSQ obtenu, il faut déposer une demande de résidence permanente auprès d'IRCC, qui procède à l'examen médical, aux vérifications de sécurité et de criminalité et au contrôle de l'authenticité des documents. Une inadmissibilité fédérale peut faire échouer un dossier pourtant sélectionné par le Québec. Prévoyez donc les deux étapes dans votre calendrier, et déposez la demande fédérale bien avant l'expiration du CSQ.

Quel niveau de français faut-il pour le PEQ ?

Les deux volets historiques exigeaient un niveau avancé à l'oral, de l'ordre du niveau 7 de l'échelle québécoise, ce qui correspond approximativement à un B2 du cadre européen, avec des règles particulières concernant le conjoint accompagnant selon les configurations. Les seuils exacts, les compétences évaluées et les tests reconnus doivent être vérifiés sur les pages officielles, car ils ont changé plusieurs fois. Retenez surtout que cette exigence ne disparaîtra pas avec le PEQ : le PSTQ accorde lui aussi un poids déterminant au français, ce qui fait de l'apprentissage de la langue l'investissement le plus sûr.

Mon diplôme québécois me rend-il automatiquement admissible ?

Non. Tous les diplômes ne donnaient pas accès au volet Diplômés du Québec, et la liste des diplômes admissibles a évolué au fil des réformes. Dans la version transitoire du programme, s'ajoutent une date de référence et une période d'admission qui restreignent encore l'accès. Vérifiez trois éléments avant toute chose : votre diplôme figure-t-il parmi ceux qui ouvrent droit au programme, votre situation respecte-t-elle la date de référence, et la période d'admission est-elle ouverte. Si l'un des trois manque, orientez-vous vers le PSTQ sans attendre.

Que se passera-t-il après le 2 juillet 2028 ?

Le dispositif transitoire doit s'éteindre à cette date, et la sélection économique permanente du Québec passera entièrement par le PSTQ, via une déclaration d'intérêt dans Arrima suivie d'une invitation. Concrètement, les diplômés et les travailleurs présents au Québec ne perdront pas la valeur de leur parcours, puisque l'expérience québécoise et les études sur place sont valorisées dans les volets du PSTQ, mais ils ne bénéficieront plus d'une voie accélérée distincte. Construisez donc votre projet sur le PSTQ dès maintenant si votre calendrier vous place au-delà de cette échéance.

Sources officielles

Le gouvernement du Québec publie les conditions, les périodes d'admission et l'état des programmes d'immigration permanente, dont le PEQ et le PSTQ : https://www.quebec.ca/immigration. La demande de résidence permanente qui suit l'obtention du CSQ relève du gouvernement du Canada : https://www.canada.ca/fr/immigration-refugies-citoyennete/services/immigrer-canada/quebec.html. Le PEQ est un dispositif transitoire dont les modalités évoluent et dont l'extinction est prévue le 2 juillet 2028 : vérifiez systématiquement l'état du programme et les conditions en vigueur sur les pages officielles avant d'engager une démarche.

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